SASU, SAS ou SARL : dividendes ou salaire, que choisir en 2026 ?
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Vous présidez une SASU ou une SAS et vous vous payez surtout en dividendes, parce que la flat tax paraît moins chère qu'un salaire. Je suis très souvent confronté à des dirigeants qui ont choisi leur forme juridique, SAS ou SARL, sans jamais simuler l'impact réel sur leur rémunération nette.
Le calcul change dès qu'on y ajoute l'impôt sur les sociétés, votre retraite et vos arrêts de travail. J'avance donc dans cet ordre : votre protection d'abord, puis le partage entre salaire et dividendes, puis la forme de votre société.
Parce qu'un dividende ne vous ouvre aucun droit. Le président d'une SAS ou d'une SASU est assimilé salarié (art. L. 311-3, 23° du Code de la sécurité sociale) : seule une rémunération lui construit une retraite, des indemnités journalières en cas d'arrêt maladie et une prévoyance.
Ma règle, à plein temps : je vise d'abord un salaire qui couvre votre protection sociale, puis le reste part en dividendes, selon votre tranche d'imposition et ce que vous voulez laisser dans la société.
Votre protection de président est-elle couverte ?
Un montant et quatre questions. Le module place votre salaire de président de SAS ou de SASU face aux seuils légaux de 2026 : trimestres de retraite, indemnités journalières, taxe PUMa. Il ne calcule ni vos cotisations, ni votre impôt.
| Trimestres validés par votre salaire | |
|---|---|
| Indemnités journalières maladie | |
| Prévoyance | |
| Taxe PUMa |
Résultat indicatif, sur les seuils légaux de 2026 : articles R. 351-9, R. 313-3, L. 380-2 et D. 380-1 du Code de la sécurité sociale. Il ne calcule ni vos cotisations, ni votre impôt, ni ce que vous garderiez, et ne tient pas compte de toute votre situation : il ne vaut pas conseil.
Faire chiffrer mon partage (30 min)Un président de SASU se versait depuis plusieurs années des dividendes et aucun salaire, sans toucher le chômage. Ce que j'ai changé en premier, c'est sa protection sociale, pas l'impôt : faute de rémunération, il ne validait aucun trimestre de retraite, n'avait droit à aucune indemnité journalière et ne pouvait déduire aucune prévoyance.
J'ai fixé un salaire, puis j'ai mis le reste en dividendes. À 31,4 % de flat tax, le tout-dividendes n'était même plus le moins cher, une fois sa retraite comptée. La holding n'est venue qu'ensuite.
Depuis la création du cabinet en 2020, j'ai accompagné plus de 300 clients : dirigeants, entrepreneurs, professionnels libéraux, médecins, avocats, directeurs commerciaux…

L'avis de Malek
Un président payé seulement en dividendes n'a ni retraite ni arrêt maladie. Je commence par un salaire qui couvre votre protection, puis on optimise le reste.
Malek Ziane, fondateur et gérant de Noun Partners
Ceci ne constitue pas une consultation juridique et nous vous invitons à vous rapprocher de votre avocat / notaire.
Un salaire est une charge de la société : il se déduit de son résultat, dès lors qu'il paie un travail effectif et qu'il n'est pas excessif (art. 39, 1 du CGI). Il supporte des cotisations salariales et patronales élevées, mais une partie vous revient en droits.
Un dividende, lui, n'est pas déductible. Il se prélève sur le bénéfice qui reste après l'impôt sur les sociétés : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, sous conditions de chiffre d'affaires et de détention du capital, puis 25 % (art. 219 du CGI).
Il supporte ensuite, par défaut, le prélèvement forfaitaire unique, la flat tax : 31,4 % sur les dividendes versés depuis le 1er janvier 2026, soit 12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux (loi n° 2025-1403, art. 12). Le tableau suit un bénéfice entièrement distribué, sans aucun salaire.
| Étape | 100 € de bénéfice imposé à 25 % | 139 000 € de résultat |
| Impôt sur les sociétés | 25,00 € | 30 500 € (6 375 € à 15 %, 24 125 € à 25 %) |
| Dividende versé | 75,00 € | 108 500 € |
| Flat tax de 31,4 % | 23,55 € | 34 069 € |
| Ce qui vous reste | 51,45 € | 74 431 € |
| Part prélevée | 48,55 % | 46,5 % |
Calcul fait sur l'article 219 du CGI et la loi n° 2025-1403. La colonne de 139 000 € suppose que la société remplit les conditions du taux de 15 %.
Ce net ne vous achète ni retraite ni indemnités journalières. Un salaire coûte plus cher en cotisations, mais il vous construit des droits : une comparaison au seul taux d'impôt laisse ce point de côté.
Pour chiffrer une rémunération, le simulateur de l'Urssaf pour les dirigeants de SAS et de SASU donne un calcul indicatif, en SAS à l'impôt sur les sociétés.
Oui. Sur option, vos dividendes passent au barème progressif de l'impôt sur le revenu, après un abattement de 40 % (art. 158, 3, 2° du CGI). L'option est globale : elle vaut pour tous vos revenus de capitaux et plus-values de l'année (art. 200 A du CGI). Les 18,6 % de prélèvements sociaux restent dus dans les deux cas.
Le barème peut profiter à un foyer imposé à 11 %. Depuis la loi de finances pour 2026, cette option n'est plus irrévocable, à partir des revenus de 2026 (loi n° 2026-103, art. 126). Comparez donc chaque année, avec votre expert-comptable, les deux régimes.
Pas si vos dividendes de l'année dépassent 24 030 €. Un salaire de 7 212 € valide vos quatre trimestres, mais il reste sous le seuil de 9 612 € : la taxe baisse, sans disparaître.
En 2026, la taxe PUMa, la cotisation subsidiaire maladie, vise la personne dont les revenus d'activité, et ceux de son conjoint, restent sous 9 612 €, soit 20 % du plafond annuel de la sécurité sociale, et dont les revenus du capital dépassent 24 030 € (art. L. 380-2 et D. 380-1 du Code de la sécurité sociale ; arrêté du 22 décembre 2025).
Son taux est de 6,5 % au plus, sur ce qui dépasse 24 030 €, et il baisse à mesure que vos revenus d'activité approchent le seuil. Elle n'est pas due si vous ou votre conjoint touchez une pension de retraite ou une allocation chômage.
La première question que je pose : de combien avez-vous besoin pour vivre ? Le salaire couvre d'abord votre protection, puis votre train de vie. Ce qui reste se partage entre des dividendes et ce que vous laissez dans la société, selon votre tranche d'imposition.
La banque lit d'abord votre salaire, bien plus que vos dividendes : si un crédit immobilier est en vue, on prépare vos deux dernières années de revenus avant de le demander.
Le tableau met face à face les avantages et les inconvénients du salaire et du dividende.
| Salaire | Dividende | |
| Pour la société | charge déductible de son résultat | pris sur le bénéfice, après l'impôt sur les sociétés |
| Ce qui est prélevé | cotisations sociales, puis impôt sur le revenu | flat tax de 31,4 %, ou barème après un abattement de 40 % |
| Vos droits | retraite, indemnités journalières, prévoyance, selon son montant | aucun |
| Quand il se verse | chaque mois | en principe après l'approbation des comptes par les associés, sur un bénéfice distribuable |
Sources du tableau : les textes cités plus haut, et l'art. L. 232-12 du Code de commerce pour la distribution.
En 2026, je ne conseille plus l'IR à une SASU qui gagne de l'argent régulièrement. En SAS à l'IR, tout le bénéfice est imposé chez vous, au barème, qu'il soit distribué ou non (art. 239 bis AB du CGI).
Je ne retiens l'option pour l'impôt sur le revenu que dans trois situations :
Président non rémunéré d'une SASU à l'IR, vous voyez en outre tout votre bénéfice soumis aux prélèvements sociaux du patrimoine (réponse ministérielle n° 12673 du 2 juin 2026), à 18,6 % depuis la loi n° 2025-1403.
Ce que vous ne prenez ni en salaire ni en dividendes reste dans l'entreprise, imposé à 15 % puis 25 %. Il pourra en sortir plus tard, en dividendes, ou financer un projet.
Quand le gain de cotisations reste supérieur à ce que coûte la protection à reconstruire à côté. Le gérant majoritaire d'une SARL ou d'une EURL est travailleur non salarié, le TNS : pour un même revenu, ses charges sociales pèsent moins que celles d'un président de SAS, et sa protection est moins complète.
Pour les cotisations dues au titre de 2025 et des années suivantes, son assiette est unique : son revenu, diminué d'un abattement de 26 %, qui remplace la déduction des cotisations (décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024 ; Code de la sécurité sociale, art. L. 131-6 et L. 136-3, III). Une simulation faite avant 2025 est donc périmée.
| Président de SAS ou de SASU | Gérant majoritaire de SARL ou d'EURL | |
| Statut social | assimilé salarié | travailleur non salarié |
| Cotisations sur la rémunération | plus élevées, protection plus complète | plus faibles, protection à construire vous-même |
| Dividendes | flat tax de 31,4 %, sans cotisations | impôt sur le revenu, comme en SAS ; au-delà de 10 % du capital, des primes et des comptes courants, ils entrent aussi dans l'assiette des cotisations |
| Qui peut diriger | une personne physique ou une société | une personne physique seulement |
Sources du tableau : Code de la sécurité sociale, art. L. 311-3 et L. 136-3 ; Code de commerce, art. L. 223-18 et L. 227-7.
La part des dividendes versés à vous et à votre foyer qui dépasse 10 % d'un montant de référence entre dans l'assiette de vos cotisations sociales. Ce montant réunit le capital détenu par vous et votre foyer, primes d'émission comprises, et les sommes laissées en compte courant (Code de la sécurité sociale, art. L. 136-3, II, 2°).
Le schéma ci-dessous montre comment ce seuil de 10 % se calcule.
Les primes et le compte courant ne paient pas de cotisations : ils s'ajoutent au capital pour fixer le seuil. Avec un petit capital, le dividende d'un gérant majoritaire supporte donc l'impôt sur les sociétés, puis des cotisations. Je privilégie alors la rémunération, tant qu'elle vous construit des droits.
Votre prévoyance et votre retraite. Les contrats dits Madelin couvrent la santé et la prévoyance du travailleur non salarié, avec des cotisations déductibles dans certaines limites (art. 154 bis du CGI). La retraite se complète, elle, par un plan d'épargne retraite.
C'est ce coût qu'un calcul fait au seul taux de cotisations oublie. C'est aussi lui qui a fait renoncer un de mes clients à la SARL.
Le statut de gérant se combine aussi avec une holding, comme pour Olivier, consultant, 250 000 € de chiffre d'affaires : passage en EURL avec holding, 32 000 € d'économie par an (son étude de cas est publiée).
Si vous exercez une profession libérale réglementée, la question se pose dans une société d'exercice libéral : passer en SELARL obéit à ses propres règles.
SAS ou SARL, quel statut vous convient ?
Le bon choix dépend du gain de cotisations une fois votre protection reconstruite. Je fais ce calcul sur vos chiffres. Prendre rendez-vous (30 min)
Avant de transformer votre SAS en SARL, je regarde si une holding SARL au-dessus ne vous donne pas le même statut sans toucher à votre société.
La loi réserve la gérance d'une SARL à une personne physique, mais elle permet à une société de présider une SAS. Une holding en SARL, dont vous êtes le gérant majoritaire, peut donc prendre la présidence de votre société d'exploitation : vous retrouvez le statut de TNS au niveau de la holding, et votre entreprise garde sa forme.
Le schéma ci-dessous montre qui préside votre société d'exploitation, et vers qui remonte la rémunération de mandat.
La holding perçoit alors une rémunération de mandat, votée chaque année par les associés, justifiée et proportionnée : sinon, l'administration peut y voir un acte anormal de gestion. Elle doit aussi avoir de la substance : des moyens, des charges, et si possible plus d'un mandat.
La transformation, elle, se décide aux conditions prévues par les statuts de la SAS (art. L. 227-9 du Code de commerce), et elle fait perdre la liberté d'organisation propre à la SAS. Les autres façons de vous payer par une holding ont leur propre analyse.
Un dirigeant voulait quitter la présidence de sa SAS pour devenir gérant de SARL et payer moins de charges. Ensemble, nous avons décidé de ne pas transformer son entreprise.
Le gain de cotisations du statut de TNS existait, mais deux choses l'ont mangé : une prévoyance et une retraite à reconstruire à titre privé, et un crédit immobilier en cours que sa banque lisait sur un salaire d'assimilé salarié.
Nous avons gardé la SAS telle quelle et créé au-dessus une société de tête en SARL, qu'il gère comme associé majoritaire et qui la préside. Il y retrouve le statut de TNS, la rémunération de mandat remonte, et l'entreprise ne change pas de forme. Le passage en SARL ne se justifie que si la société n'a ni contrat ni banque à renégocier.
Depuis avril 2025, vous ne cumulez chômage et création que sur 60 % de vos droits, quel que soit le statut. Le choix se fait entre le versement mensuel et le capital, selon votre besoin de trésorerie.
Selon France Travail, pour une fin de contrat à compter du 1er avril 2025, le cumul de l'allocation avec les revenus de votre activité se limite à 60 % de vos droits restants.
Au terme de ce cumul, si vous n'avez tiré aucune rémunération de votre activité et qu'elle est effective, vous pouvez demander à l'instance paritaire régionale de France Travail de poursuivre les versements pour les 40 % restants, dans les six mois.
Pendant le cumul, France Travail verse chaque mois votre allocation, diminuée de 70 % des rémunérations que vous déclarez.
| Cumul mensuel | Aide en capital (ARCE) | |
| Montant | votre allocation, moins 70 % des rémunérations déclarées | 60 % de vos droits restants |
| Versement | chaque mois, jusqu'à 60 % de vos droits restants | en deux fois : au début de l'activité, puis six mois plus tard |
| Condition | pour aller au-delà, une demande à l'instance paritaire régionale | avoir obtenu l'ACRE |
Sources du tableau : France Travail ; service-public, fiche F15252, vérifiée le 13 août 2026.
Je peux conseiller le cumul mensuel dans une SASU, sans rémunération ni dividendes pendant la période, au créateur qui a encore de longs droits et un projet qui met du temps à facturer. Je conseille l'aide en capital à celui qui a besoin de trésorerie de départ ou qui va facturer vite.
Ce n'est plus une question de SAS contre SARL : la forme ne change pas les 60 %.
Depuis le 1er janvier 2026, l'ACRE n'est plus automatique : elle se demande à l'Urssaf dans les 60 jours qui suivent le début de l'activité (service-public, fiche F11677). Sans elle, pas d'aide en capital : pour qui veut le capital, c'est la première démarche.
Vous voulez faire chiffrer votre partage entre salaire et dividendes, votre protection comprise ? Réservez votre consultation (30 min). Mes services sont plus appropriés pour des revenus annuels supérieurs à 6 chiffres, mais il existe des cas particuliers que je suis ravi de couvrir ! Note des clients : 4,8/5 sur Trustpilot (102 avis).
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Non : aucun salaire minimum ne s'impose au président d'une SASU. Mais sans salaire, hors chômage indemnisé, il ne valide aucun trimestre de retraite et n'a droit à aucune indemnité journalière. En 2026, 7 212 € bruts dans l'année valident quatre trimestres (art. R. 351-9 du Code de la sécurité sociale).
Non. En SAS, un dividende rémunère votre capital : il ne paie pas de cotisations et n'ouvre aucun droit, mais il sort du bénéfice après l'impôt sur les sociétés, puis supporte la flat tax de 31,4 %. En SARL, une partie des dividendes d'un gérant majoritaire paie des cotisations.
En SAS : aucune cotisation sociale, un versement que les associés décident une fois les comptes approuvés, et le choix entre flat tax et barème. En contrepartie, le dividende a déjà payé l'impôt sur les sociétés, supporte 31,4 % de flat tax et n'ouvre ni retraite ni indemnités journalières.
Informations à jour au 25 septembre 2026. Elles ne constituent pas un conseil personnalisé : chaque situation se chiffre avant toute décision.
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