Se rémunérer avec une holding : bonne ou mauvaise idée ?
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Créer une holding pour se rémunérer peut constituer un levier puissant, ou une complexité inutile.
Si vous avez déjà une holding, ce qu'elle reçoit est souvent la première chose que je regarde. Dans mon dernier dossier de ce type, elle détenait toute la société du dirigeant sans percevoir un euro.
Une holding ne permet pas de disposer librement de sa trésorerie. Chaque flux qui en sort doit être juridiquement fondé, fiscalement cohérent et économiquement justifiable.
Six voies font circuler l'argent entre votre société, votre holding et vous. Le tableau les met côte à côte ; chacune est détaillée ensuite.
| Voie | Ce qu'il faut pour qu'elle tienne | Pour vous | Fiscalité |
| Salaire versé par la holding | des fonctions réelles exercées dans la holding | retraite, maladie, prévoyance | déductible pour la holding ; cotisations sociales et impôt sur le revenu pour vous |
| Rémunération de mandat, quand la holding préside votre société | une SAS ; une décision des associés chaque année ; une holding qui a de la substance | la holding vous verse ensuite une rémunération ou des dividendes | déductible pour votre société si elle n'est pas excessive ; imposable dans la holding |
| Dividendes remontés par le régime mère-fille | au moins 5 % du capital, titres gardés deux ans | en principe, aucun droit social | quote-part de 5 % imposée dans la holding ; prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % quand la holding vous les distribue |
| Management fees | des travaux identifiables et livrés, au prix du marché ; jamais la direction | aucun droit social | déductibles pour votre société, imposables dans la holding |
| Remboursement de votre compte courant | vous avez prêté de l'argent à la holding | aucun droit social | votre argent vous revient : ce n'est pas une rémunération |
| Remboursement de frais | des frais réels, justifiés, engagés pour la holding | aucun droit social | ni impôt ni cotisation s'ils sont justifiés et raisonnables |
Sources du tableau : art. 39, 145 et 216 du CGI ; loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, art. 12 ; art. L223-18 et L227-7 du code de commerce.
Votre holding sert-elle votre rémunération ?
Six questions, une minute. Vous obtenez la liste des points à vérifier dans votre situation. Rien n'est calculé.
Points à vérifier dans votre situation
Répondez aux questions : les points s'affichent au fur et à mesure.
Ce résultat liste des points à vérifier, à partir des règles expliquées dans cette page. Il ne calcule ni impôt, ni cotisation, ni économie, et ne tient pas compte de votre situation personnelle : il ne vaut pas conseil.
Faites vérifier par où passent vos flux.
Prendre rendez-vous (30 min)La holding peut vous verser un salaire si elle exerce une activité réelle de direction (holding animatrice).
Vous êtes alors rémunéré pour les fonctions que vous exercez dans la holding. Si votre holding est une SAS que vous présidez, vous êtes assimilé salarié (art. L311-3, 23° du code de la sécurité sociale).
Le salaire présente un avantage majeur : il ouvre des droits sociaux. Vous cotisez pour la retraite, vous êtes couvert en maladie et vous pouvez déduire une prévoyance. Son coût, en revanche, est élevé : les charges patronales et salariales s'ajoutent au net que vous percevez.
À plein temps, je vise d'abord un salaire qui couvre votre protection sociale ; le reste se discute. Il compte aussi si vous voulez emprunter : la banque lit votre salaire (voir plus bas).
Une holding qui verse un salaire sans facturer de prestations soumises à la TVA peut devoir la taxe sur les salaires (art. 231 du CGI) : c'est un point à chiffrer avant de fixer le montant.
C'est le mécanisme le plus connu. Votre société verse des dividendes à la holding. Si la holding détient au moins 5 % du capital et garde les titres au moins deux ans, ces dividendes sont retranchés de son bénéfice, à une quote-part de frais et charges de 5 % près (art. 145 et 216 du CGI).
La holding peut ensuite vous redistribuer des dividendes. Vous payez alors par défaut le prélèvement forfaitaire unique, de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, art. 12). Ces dividendes n'ouvrent en principe aucun droit social.
Ma première question est celle-ci : de combien avez-vous besoin pour vivre ? Votre salaire et vos dividendes se calent sur ce besoin réel ; le reste peut rester dans la holding, pour être investi.
Pour compenser l'absence de droits sociaux, une assurance prévoyance pour les dirigeants d'entreprise peut compléter votre couverture.
Une SAS peut avoir une personne morale pour présidente : votre holding peut donc présider votre société (art. L227-7 du code de commerce). Elle peut aussi en être directrice générale, si les statuts prévoient cette fonction (art. L227-6).
La holding perçoit alors une rémunération de mandat, votée chaque année par les associés avec un exposé des motifs, puis elle vous paie. Cette rémunération se fixe comme celle d'un mandat social. C'est la voie que je privilégie pour rémunérer la direction.
Elle doit être votée, justifiée et proportionnée : une rémunération ne se déduit que si elle correspond à un travail effectif et n'est pas excessive au regard du service rendu (art. 39, 1-1° du CGI).
Ma règle : jamais deux rémunérations pour la même fonction. Dès que votre holding perçoit une rémunération de mandat pour diriger votre société, vous ne percevez pas en plus, à titre personnel, une rémunération pour ces mêmes fonctions.
Le risque est double. Pour l'impôt sur les sociétés, la part payée en trop peut être refusée en déduction. Pour l'URSSAF, la somme versée à la holding peut être regardée comme votre propre rémunération.
Une réserve, et elle compte : le risque de requalification ne peut pas être écarté. Votre holding doit donc avoir de la substance : des moyens, des charges, et si possible plus d'un mandat.
Si votre société est une SARL, votre holding ne peut pas en être gérante : une SARL est gérée par une ou plusieurs personnes physiques (art. L223-18 du code de commerce).
Des travaux identifiables et livrés, au prix du marché : une étude de marché, un business plan, un dossier bancaire, la préparation d'une acquisition. Fixer le cap et engager la société relèvent de votre mandat de dirigeant : la direction elle-même ne se facture pas comme une prestation.
Ces honoraires sont déductibles du résultat de votre société s'ils paient un service réel, et imposables à l'impôt sur les sociétés dans la holding. Le 4 juin 2026, la Cour de cassation a validé la réintégration dans les cotisations sociales d'honoraires qui rémunéraient en réalité les fonctions du président (Cass. 2e civ., n° 23-20.189).
Pour être sécurisés, ils supposent une convention écrite, des prestations réelles, des montants cohérents avec les prix du marché et une holding qui a les moyens de rendre ces services.
Ce qu'une holding peut facturer, et quand la nommer présidente plutôt que prestataire, fait l'objet de notre analyse sur les management fees.
Il fonctionne dans l'autre sens : c'est vous qui prêtez de l'argent à la holding ; quand elle vous rembourse, vous récupérez votre argent, sans être payé pour votre travail.
L'inverse est encadré strictement : une SARL ne peut pas prêter à ses gérants et associés personnes physiques, ni une SAS à son président et à ses dirigeants personnes physiques (art. L223-21 et L227-12 du code de commerce).
Les sommes qu'une société met à la disposition de ses associés, en avance ou en prêt, sont en outre présumées distribuées (art. 111, a du CGI).
Des frais engagés dans l'intérêt de la holding, réels et justifiés : déplacements, matériel, coworking, bureau à domicile. Ces remboursements ne constituent pas une rémunération et ne supportent pas de charges sociales, à condition d'être justifiés et raisonnables.
Méfiez-vous des frais mixtes, à moitié personnels : pris en charge par la holding, ils exposent à une remise en cause par l'URSSAF et le fisc, et votre banque ne les compte pas dans vos revenus.
Une holding est une société dont l'objet principal consiste à détenir des participations (actions ou parts sociales), dans une ou plusieurs autres sociétés, appelées filiales.
Contrairement à une société opérationnelle qui exerce une activité commerciale, industrielle ou libérale, la holding a une fonction de pilotage, de détention et d'organisation capitalistique.
Pour comprendre le principe du montage et ses avantages fiscaux, voir notre article sur le montage d'une holding (principe, fiscalité et avantages).
Dans la pratique, la holding permet de structurer un groupe d'entreprises, d'organiser la circulation des flux financiers entre sociétés, d'optimiser certains mécanismes fiscaux (comme le régime mère-fille) et de préparer la transmission du patrimoine professionnel.
Avant une cession, l'apport de vos titres à la holding reporte aussi l'imposition de la plus-value, sous conditions (art. 150-0 B ter du CGI) : c'est l'apport-cession, un autre usage de la holding que votre rémunération.
La holding crée un deuxième niveau juridique et fiscal. Le schéma ci-dessous montre comment circulent la rémunération de mandat, les dividendes et votre propre rémunération quand la holding préside votre société.
La holding passive se limite à détenir des titres de participation. Elle n'intervient pas dans la gestion des filiales : elle perçoit des dividendes, réinvestit ses excédents de trésorerie et organise la détention du capital.
Sans fonction réelle de direction, elle ne peut pas, en principe, justifier le versement d'un salaire significatif. La rémunération passe donc essentiellement par des dividendes.
La holding animatrice joue un rôle actif dans la gestion du groupe : elle participe à la conduite de sa politique, contrôle ses filiales et peut leur rendre des services. Cette qualité se prouve par une substance économique réelle : conventions écrites, comptes rendus, décisions stratégiques formalisées, coordination effective.
Elle peut verser un salaire à son dirigeant et facturer à ses filiales des prestations réelles, jamais la direction elle-même. C'est un point souvent mal compris, et une source de redressement fiscal lorsqu'il est négligé.
La holding mixte détient des participations dans des filiales et exerce sa propre activité opérationnelle (conseil, prestations techniques, activité commerciale distincte). Ce modèle est plus rare : il sert au dirigeant qui garde une activité au niveau de la holding, avec des filiales spécialisées.
La nature de la holding détermine la possibilité de verser un salaire, la cohérence des management fees et le niveau de risque en cas de contrôle. Une holding qui préside votre société exerce, elle, un mandat de direction : sa rémunération est celle de ce mandat.
Avant de parler de dividendes ou de charges sociales, une question conditionne donc toute votre stratégie de rémunération : votre holding aura-t-elle une véritable fonction de direction, ou sera-t-elle uniquement patrimoniale ?
Avant de vous demander comment vous rémunérer avec une holding, demandez-vous si vous avez intérêt à en créer une dans votre situation. Une holding se justifie si elle est adaptée à l'organisation de votre groupe, à votre vision patrimoniale et à votre horizon de temps.
Dans une structure composée d'une seule société opérationnelle, sans projet d'acquisition ni volonté immédiate de transmission, la rémunération directe reste dans bien des cas la solution la plus pertinente. Les flux sont simples et naturellement justifiables : la société qui génère la valeur rémunère son dirigeant.
Cette simplicité réduit le coût administratif et limite les risques de requalification. Lorsque les revenus restent modérés, ou que la priorité est la croissance plutôt que l'ingénierie patrimoniale, la rémunération directe est souvent plus rationnelle qu'une holding.
La holding devient pertinente lorsque la situation évolue. Elle prend tout son sens dans un contexte de groupe, lorsqu'il existe plusieurs sociétés ou un projet de croissance externe. Elle permet alors de centraliser les flux, d'utiliser le régime mère-fille et d'organiser les investissements de manière cohérente.
Elle est également pertinente lorsqu'un dirigeant souhaite capitaliser de la trésorerie à long terme, préparer une cession ou structurer une transmission familiale. Dans ces cas, la holding devient aussi un outil patrimonial.
Mais c'est précisément là que beaucoup se trompent. Créer une holding uniquement pour « payer moins d'impôts » est rarement une bonne stratégie. Sans projet clair, la structure génère surtout des coûts supplémentaires et une complexité administrative inutile.
Le tableau ci-dessous résume les cas où une holding apporte une valeur stratégique, et ceux où la rémunération directe reste plus adaptée.
| Situation | Une holding est-elle pertinente ? |
| Une seule société, sans projet d'investissement, de cession ni de transmission | Rarement |
| Deux sociétés ou plus | Oui |
| Projet de cession à moyen terme | Fortement |
| Transmission à préparer | Oui |
| Recherche de simplicité | Non adaptée |
La décision doit être prise en tenant compte de trois paramètres :
Si la réponse est négative à ces trois niveaux, la rémunération directe est souvent préférable. Si, au contraire, la structure s'inscrit dans une vision à moyen ou long terme, la holding peut devenir un levier, à condition d'être correctement pensée, sur vos propres chiffres.
Un cas publié l'illustre. Olivier, consultant, 250 000 € de chiffre d'affaires : passage en EURL avec holding, 32 000 € d'économie par an. Selon son étude de cas, son salaire a été calé sur ses besoins réels, et ses dividendes sont remontés dans la holding pour être réinvestis dans l'immobilier.
Votre holding détient votre société, et pourtant rien n'a changé dans votre rémunération : vous vous payez toujours par votre société, en salaire et en dividendes. Dans ce cas, la première correction n'est pas fiscale.
Mon dernier dossier de ce type : la holding détenait 100 % de la SAS, mais le dirigeant continuait à se payer directement par la SAS, comme président, en salaire et en dividendes à titre personnel. La holding ne recevait rien. J'ai remis les flux dans l'ordre, en deux temps :
Le gain n'est pas venu d'un montage nouveau. Il est venu du fait de mettre les flux là où ils étaient censés passer.
La question de l'emprunt s'est posée dans un dossier que nous avons suivi.
Deux dirigeants d'une PME d'e-commerce se rémunéraient principalement en salaire et en bonus, directement par leur SAS. Leur rémunération avait été mise en place par défaut, sans lien avec leurs projets, et elle limitait leur capacité d'emprunt pour leurs projets immobiliers.
Le problème venait de la structure de leur rémunération.
Dans ce type de dossier, ma pratique est la suivante : une holding par dirigeant ; chaque holding préside ou dirige la SAS, quand les statuts prévoient un directeur général, et perçoit une rémunération de mandat votée par les associés, en plus des dividendes remontés en mère-fille. Dans ce dossier, les holdings ne recevaient donc pas que des dividendes.
Chaque holding dirige et est rémunérée pour son mandat. Aucun des deux dirigeants ne perçoit en plus une rémunération personnelle pour les mêmes fonctions : la société ne paie jamais deux fois la direction.
Ce schéma tient si chaque holding a un mandat distinct, l'une présidente, l'autre directrice générale, avec des fonctions réellement réparties. Un mandat personnel sans rémunération, pour l'épargne salariale, reste possible.
Nous avons également revu leurs contrats de prévoyance et de mutuelle, et leur stratégie retraite, avec un plan d'épargne retraite.
À coût entreprise identique, chacun garde davantage de sa rémunération : +38 000 € par an pour l'un, +41 000 € par an pour l'autre, soit 79 000 € nets supplémentaires par an à eux deux, sans pression supplémentaire sur la trésorerie de la société.
Leur nouvelle structure améliore aussi leur capacité d'emprunt pour leurs projets immobiliers.
À partir d'un certain niveau de résultat, continuer à tout percevoir en salaire devient structurellement inefficace. La holding sert alors à arbitrer entre revenu immédiat et capitalisation, et à préparer transmission et investissements. Le partage entre salaire et dividendes se chiffre ensuite dossier par dossier, selon votre niveau de résultat.
Votre rémunération limite-t-elle, elle aussi, votre capacité d'emprunt ?
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Deux conséquences passent souvent inaperçues : votre accès à l'épargne salariale, et la façon dont votre banque lit vos revenus.
Dans la société qui a des salariés, en pratique votre société d'exploitation, jamais dans une holding pure.
Le code du travail ouvre le plan d'épargne d'entreprise (PEE) aux dirigeants des entreprises qui emploient au moins un salarié et moins de 250 (art. L3332-2 du code du travail). Le plan d'épargne retraite collectif (PERCOL) suit la même règle d'accès (code monétaire et financier, art. L224-13 et suivants).
Les apprentis ne comptent pas dans cet effectif (art. R130-1 du code de la sécurité sociale).
Le dirigeant y accède par son mandat dans cette société, même s'il n'y est pas payé : le texte vise les présidents, directeurs généraux, gérants ou membres du directoire de l'entreprise elle-même. Quand votre holding préside votre société, c'est elle qui en est la dirigeante en titre, et vous perdez en principe l'accès au plan de la société qui emploie les salariés.
Je vérifie donc que vous gardez un mandat à votre nom dans votre société, directeur général par exemple, sans rémunération. Ce mandat ne fait pas payer deux fois la direction tant qu'il n'est pas rémunéré. Payé, il le ferait : quand vous représentez la holding présidente et exercez aussi, à votre nom, la direction générale, les deux fonctions se recouvrent presque entièrement, puisque les statuts peuvent donner au directeur général les pouvoirs du président (art. L227-6 du code de commerce).
Je ne prévois ce mandat que s'il a une utilité identifiée : l'épargne salariale, une signature bancaire, l'exigence d'un partenaire.
Tant que vous gardez cet accès, l'abondement de l'entreprise sur votre PEE est en principe plafonné en 2026 à 8 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 3 844,80 € (art. R3332-8 du code du travail ; arrêté du 22 décembre 2025). Le plafond de vos propres versements, quand cette société ne vous rémunère pas, se vérifie avant toute décision.
D'abord votre salaire. La plupart des banques retiennent votre salaire net imposable en entier ; vos dividendes, seulement s'ils sont réguliers, et souvent pour une partie. Un dividende exceptionnel l'année du prêt est ignoré, ou jugé suspect.
Une rémunération de mandat versée par la holding, puis reversée en salaire, se lit comme un salaire. Je prépare donc le dossier bien avant la demande : un salaire stable, et le reste documenté par les liasses fiscales de la holding et de la société, avec une note qui explique le flux.
Certaines banques privées acceptent une lecture consolidée du groupe : je vise celles-là quand le salaire seul ne suffit pas. Je ne change jamais votre rémunération juste avant la demande : cela se voit.
La banque applique aussi un cadre commun. Depuis le 1er janvier 2022, une décision du Haut Conseil de stabilité financière limite en principe vos mensualités à 35 % de vos revenus et la durée du prêt à 25 ans (décision du 29 septembre 2021).
Le choix du statut juridique de votre holding influence directement votre régime social, le traitement des dividendes, la souplesse de gouvernance et, in fine, votre stratégie de rémunération.
Dans une holding constituée en SARL, le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs non salariés (TNS). Ses cotisations sociales sont en général plus faibles que celles d'un président de SAS, pour une protection sociale moins étendue.
En revanche, ses dividendes supportent ces cotisations pour la part qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant (art. L136-3, II, 2° du code de la sécurité sociale).
Une telle holding peut aussi présider votre SAS : si vous en êtes le gérant majoritaire, vous relevez du statut de non-salarié au niveau de la holding, la rémunération de mandat remonte vers elle, et votre SAS ne change pas de forme.
Dans une holding en SAS, le président est assimilé salarié. Ses cotisations sont plus élevées, mais sa protection sociale est plus complète (régime général). La SAS offre aussi une grande souplesse statutaire, utile en cas d'entrée d'investisseurs ou de transmission progressive.
Ses dividendes, eux, ne supportent aucune cotisation, quel que soit leur montant : par défaut, le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, dont 18,6 % de prélèvements sociaux.
| Holding en SARL | Holding en SAS ou SASU | |
| Régime du dirigeant | le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs non salariés (TNS) | le président est assimilé salarié |
| Cotisations sociales | en général plus faibles que celles d'un président de SAS, pour une protection sociale moins étendue | plus élevées, mais la protection sociale est plus complète (régime général) |
| Dividendes | supportent des cotisations sociales pour la part qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant | ne supportent aucune cotisation, quel que soit leur montant |
Ma position : pour porter votre rémunération, une holding en SARL dont vous êtes gérant majoritaire, travailleur non salarié. La holding en SAS, avec un président assimilé salarié, reste l'alternative quand la protection sociale compte davantage, pour un coût supérieur.
Aucune forme ne s'impose à tous. Le bon choix dépend de votre niveau de revenus, de votre stratégie de rémunération, de votre horizon patrimonial et de votre tolérance à la complexité.
Notre article sur l'optimisation de la rémunération en SAS compare les options.
La règle change. Les gérants d'une SELARL sont des associés qui y exercent leur activité (ordonnance n° 2023-77, art. 58) : votre holding ne peut pas la gérer.
Une SPFPL ne s'impose que pour détenir vos parts de SELARL ; pour votre patrimoine privé, une holding classique placée à côté vous laisse souvent plus de liberté. Les deux schémas sont comparés dans notre analyse SELARL ou holding pour un médecin, et les murs du cabinet dans celle sur la SPFPL et la SCI.
Holding en SARL ou en SAS : laquelle pour votre situation ?
Nous examinons ce choix sur vos propres chiffres. Prendre rendez-vous (30 min)
Beaucoup d'entrepreneurs créent une holding parce que « tout le monde le fait ». Le problème ? Une holding n'a de sens que si elle répond à un objectif clair : groupe de sociétés, transmission, investissement, cession future. Sinon, elle ajoute de la complexité administrative, des coûts fixes, et parfois des flux artificiels difficiles à justifier. Une holding sans stratégie est une coquille vide.
C'est l'un des montages que je n'appuie jamais : une holding qui facture des management fees à votre société alors que vous êtes déjà rémunéré comme président ou directeur général. Le même travail serait payé deux fois, et la facture risque d'être jugée fictive.
Chaque flux de plus ajoute de la complexité et un risque de fragilité. Une structure simple mais logique sera toujours plus solide qu'un montage trop sophistiqué.
Certains dirigeants se paient uniquement en dividendes pour maximiser le net immédiat. Résultat :
L'absence de cotisation retraite peut avoir de lourdes conséquences sur votre préparation à la retraite en tant que président de SAS. Le bon arbitrage n'est pas toujours celui qui génère le plus de cash aujourd'hui, mais celui qui protège votre trajectoire sur 10 ou 20 ans.
Une holding ne sert pas uniquement à optimiser la rémunération. Elle s'intègre dans une stratégie plus large : transmission, cession, protection du conjoint, investissement, diversification. Si elle n'est pensée qu'en angle fiscal court terme, son potentiel est sous-exploité. Dans une logique de holding familiale, les arbitrages de rémunération intègrent aussi des enjeux de transmission et de gouvernance.
Une holding mal pensée ou mal documentée expose le dirigeant à des risques réels. Je refuse les clients qui voudraient recourir à des montages à la légalité discutable, et je suis contre l'évasion fiscale.
L'administration fiscale peut invoquer l'abus de droit lorsqu'un acte est fictif, ou qu'il applique les textes à la lettre contre leur objectif dans le seul but d'éluder ou d'atténuer l'impôt (art. L64 du livre des procédures fiscales).
Une holding créée uniquement pour réduire l'impôt, sans rôle stratégique, patrimonial ou opérationnel identifiable, peut donc être contestée. L'administration regarde l'existence d'un véritable projet (groupe, investissement, transmission), la réalité des fonctions exercées et la cohérence entre les flux et l'activité.
En cas de requalification, les conséquences peuvent être lourdes : rappels d'impôt, intérêts de retard et une majoration pouvant atteindre 80 % en cas d'abus de droit (art. 1729 du CGI).
Une holding qui se contente de faire remonter des dividendes pour les redistribuer aussitôt, sans stratégie d'investissement ni pilotage du groupe, peut être perçue comme un simple intermédiaire artificiel.
Le risque vient de l'absence de rôle actif ou patrimonial identifiable. Une holding animatrice doit pouvoir justifier d'une fonction de direction et de décisions stratégiques formalisées. Une holding qui préside votre société doit, elle aussi, avoir de la substance.
La quasi-exonération des dividendes remontés vers la holding repose sur des conditions précises : au moins 5 % du capital, des titres conservés deux ans, des sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés. Une cession trop rapide, une dilution involontaire ou une mauvaise déclaration peut remettre en cause le bénéfice du régime.
La loi de finances pour 2026 a créé une taxe de 20 % sur la valeur de certains biens non professionnels détenus par une société (art. 235 ter C du CGI) :
Elle vise les sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés qui réunissent trois conditions :
Elle est due pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2026.
Les actifs financiers n'y entrent pas.
Trois principes simples permettent de réduire drastiquement le risque :
Depuis la création du cabinet en 2020, j'ai accompagné plus de 300 clients : dirigeants, entrepreneurs, professionnels libéraux, médecins, avocats, directeurs commerciaux… Note des clients : 4,8/5 sur Trustpilot (102 avis).

L'avis de Malek
L'épargne salariale se met dans la société qui emploie au moins un salarié, pas dans la holding. Si votre holding préside votre société, vous pouvez garder un mandat à votre nom, sans rémunération, pour conserver l'accès au PEE et au PERCOL de la société d'exploitation s'il y a par ailleurs un salarié.
La banque lit votre salaire, pas vos dividendes. Si vous vous payez par votre holding, on prépare vos deux dernières années de revenus avant de demander un crédit.
Malek Ziane, fondateur et gérant de Noun Partners
Ceci ne constitue pas une consultation juridique et nous vous invitons à vous rapprocher de votre avocat / notaire.
Vous avez déjà une holding ? Faites vérifier par où passent vos flux avant de changer quoi que ce soit. C'est souvent le premier point que je regarde dans un accompagnement en gestion de patrimoine : prendre rendez-vous (30 min).
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Par une rémunération, si vous y exercez des fonctions réelles ; par des dividendes ; par le remboursement de ce que vous lui avez prêté en compte courant ; par le remboursement de vos frais justifiés. Jamais par une avance de la holding à vous-même : elle serait présumée distribuée.
Oui, si vous y occupez un emploi réel, technique et distinct de votre mandat, sous la subordination de la société (service-public, fiche F36065). Gérant majoritaire, vous ne le pouvez pas ; dirigeant qui contrôle sa holding, c'est rare : votre travail se paie alors par le mandat.
Oui, comme toute société. L'épargne salariale se met en place dans la société qui emploie au moins un salarié, apprentis non compris : le plus souvent votre société d'exploitation, où je vérifie que vous gardez un mandat à votre nom, sans rémunération.
Une holding qui détient, par une SCI, la résidence de son dirigeant fait partie des montages que je refuse. Pour un achat à votre nom, je prépare vos deux dernières années de revenus avant la demande de prêt.
Informations à jour au 25 septembre 2026. Cette page informe et vous aide à préparer vos questions ; elle ne constitue pas un conseil personnalisé : chaque situation se chiffre avant toute décision.
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