Optimisation fiscale freelance : quelles stratégies ?
Découvrez une stratégie fiscale et patrimoniale sur-mesure qui vous profite au niveau professionnel et personnel.
Déjà plus de 230 entrepreneurs accompagnés
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Un freelance qui facture 150 000 € de chiffre d’affaires par an ne conserve pas le même revenu net selon son statut juridique, son régime d’imposition et sa gestion des charges. Sans optimisation, le revenu net se situe autour de 95 000 €. Structuré en EURL à l’impôt sur les sociétés, avec une stratégie de rémunération et de déduction rigoureuse, il peut atteindre 115 000 €, voire davantage.
En 2026, plusieurs évolutions fiscales modifient ces arbitrages : relèvement du plafond de la micro-entreprise, hausse des cotisations sociales, augmentation du prélèvement forfaitaire unique. Ces changements renforcent l’écart entre une gestion passive et une stratégie structurée.
Cet article synthétise ce que j’ai appris en accompagnant plus de 230 dirigeants et freelances sur leur stratégie fiscale et patrimoniale. Il s’adresse aux indépendants réalisant entre 50 000 € et 300 000 € de chiffre d’affaires qui souhaitent optimiser leur fiscalité de manière sécurisée. Il présente les leviers réellement actionnables : choix du statut, déduction des charges, PER et structuration via holding.
arder dans les détails pour explorer ensemble les meilleures options pour optimiser votre situation fiscale, votre imposition et votre gestion financière.
Cet article est-il fait pour vous ?
Dans ce cas, cet article vous aidera à identifier les leviers concrets pour optimiser votre fiscalité en 2026.
Si vous êtes dirigeant de PME avec salariés, consultez plutôt notre guide dédié à l’optimisation fiscale des dirigeants. Si vous exercez une profession libérale réglementée (médecin, avocat, expert-comptable…), découvrez 6 leviers fiscaux pour optimiser la fiscalité des professions libérales.
La loi de finances 2026 a revalorisé les seuils de la micro-entreprise pour la période 2026-2028 :
Ce plafond est apprécié sur l’année civile complète. Un dépassement sur deux années consécutives entraîne la sortie automatique du régime micro l’année suivante. En cas de création en cours d’année, le plafond est proratisé au nombre de jours d’activité.
Ne pas confondre avec les seuils de franchise en base de TVA, qui sont distincts et bien plus bas : 37 500 € (seuil limite) et 41 250 € (seuil majoré) pour les prestations de services. Un freelance peut donc rester en micro-entreprise au plan social et fiscal tout en devenant redevable de la TVA. C’est un cas fréquent à partir de 40 000 € de CA.
Depuis le 1er janvier 2026, les taux de cotisations sociales ont évolué pour les auto-entrepreneurs en profession libérale non réglementée. Pour ceux affiliés à la Sécurité sociale des indépendants (SSI), le taux global atteint désormais 25,6 % du chiffre d’affaires, contre 24,6 % en 2025 et 21,1 % en 2023. Cette hausse progressive, prévue par le décret n°2025-943 du 8 septembre 2025, finance la retraite complémentaire des micro-entrepreneurs libéraux, un manque historique désormais corrigé.
Concrètement :
La différence sur un CA de 80 000 € entre 2023 et 2026 représente 3 600 € de cotisations supplémentaires par an pour un BNC hors CIPAV. C’est l’un des facteurs qui accélèrent la bascule en société pour les freelances établis.
La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 (loi n°2025-1403 du 30 décembre 2025) a relevé la CSG de 1,4 point sur les revenus du capital. Les prélèvements sociaux passent ainsi de 17,2 % à 18,6 %, ce qui porte le prélèvement forfaitaire unique global (flat tax) de 30 % à 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux.
La hausse concerne les dividendes, les intérêts de placements, les plus-values mobilières. Plusieurs enveloppes sont explicitement exclues et conservent des prélèvements sociaux à 17,2 % : l’assurance-vie, les revenus fonciers, les plus-values immobilières, certains produits d’épargne bancaire.
Pour un dirigeant de SASU qui se rémunère en dividendes, l’impact est direct. Sur 100 000 € de dividendes distribués, la flat tax représente 31 400 € d’imposition personnelle. Ce prélèvement intervient après application préalable de l’impôt sur les sociétés (15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà). Le cumul effectif dépasse 48 % lorsque l’on s’en tient aux seuls dividendes. Ce chiffre remet en cause le raisonnement simpliste “je passe en SASU pour bénéficier de la flat tax à 30 %”. Pour approfondir ce sujet, consultez notre article sur l’optimisation de la rémunération du dirigeant de SASU.
Ces trois changements ne condamnent aucun statut. Mais ils modifient l’équilibre entre la micro-entreprise, l’EURL à l’IS et la SASU. Passons aux critères de choix.
Le choix du statut est la décision la plus structurante pour un freelance. Elle engage la fiscalité du CA, la protection sociale, le régime des dividendes, le cumul avec l’ARE et la capacité à monter une holding par la suite.
La micro-entreprise reste le point d’entrée naturel pour démarrer une activité freelance. Elle offre une gestion administrative très simple (déclaration trimestrielle ou mensuelle du CA, paiement des cotisations au fil de l’eau, franchise en base de TVA jusqu’à 37 500 €) et une fiscalité prévisible.
Avantages
Quatre atouts justifient son succès auprès des freelances en démarrage :
Limites structurelles
Mais ce statut atteint vite ses limites lorsque l’activité monte en puissance et quatre contraintes deviennent rapidement bloquantes :
La micro-entreprise est mathématiquement avantageuse tant que vos charges professionnelles représentent moins de 20 à 25 % de votre CA. Au-delà, l’EURL ou la SASU devient plus efficace.
Dans ma pratique, je rencontre souvent des freelances qui restent en micro par habitude alors que leurs charges réelles dépassent largement l’abattement forfaitaire depuis deux ou trois ans. Ils paient l’impôt sur des recettes brutes au lieu d’un bénéfice net. Le calcul de bascule prend dix minutes ; le report coûte plusieurs milliers d’euros par an.
L’EURL à l’impôt sur les sociétés est le statut qui rassemble la majorité des freelances optimisés que nous accompagnons. Elle combine une pression fiscale maîtrisée sur la rémunération du dirigeant (environ 45 % de cotisations sociales TNS, contre environ 75-82 % de cotisations cumulées patronales et salariales pour un dirigeant assimilé salarié de SASU) et la capacité de déduire l’ensemble des charges professionnelles.
Ce qui rend l’EURL efficace pour un freelance :
Limite principale
Les dividendes versés en EURL sont soumis aux cotisations sociales TNS pour la part qui excède 10 % du capital social (auquel s’ajoutent les primes d’émission et la moyenne du compte courant d’associé, article L131-6 du Code de la Sécurité sociale). Pour un freelance avec un capital social faible (1 000 €, voire 1 €), la quasi-totalité des dividendes est donc chargée socialement, ce qui annule l’intérêt de la flat tax.
En pratique : l’EURL à l’IS est pertinente pour un freelance qui veut se verser une rémunération régulière en salaire, pas en dividendes. Si la logique dividendes est centrale, intéressez-vous à la SASU.
La SASU présente deux atouts que l’EURL n’a pas. D’abord, la possibilité de maintenir l’intégralité des allocations de retour à l’emploi (ARE) tant que le dirigeant ne se verse pas de salaire. Ensuite, l’exonération des dividendes de toute cotisation sociale (seulement le PFU à 31,4 %).
Avantages
Quatre forces font de la SASU le statut de prédilection pour un freelance qui anticipe une transition professionnelle ou une revente :
Limites
Ces atouts ont un coût social élevé qu’il faut absolument intégrer dans l’arbitrage :
En pratique : la SASU est pertinente si vous maintenez vos ARE, si vous anticipez une cession d’activité, ou si vous structurez un mix salaire-dividendes dans le cadre d’un montage avec holding. Pour approfondir ce sujet, consultez notre article sur l’arbitrage salaire vs dividendes en SAS et SARL et notre guide sur l’optimisation fiscale en SASU.
À retenir :
Voici ci-dessous un tableau synthétisant les principales caractéristiques de la micro-entreprise, de l’EURL et de la SASU :
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Note : les fourchettes “rétention nette” sont des ordres de grandeur selon les paramètres fiscaux 2026. Une simulation personnalisée peut révéler des écarts de 3 à 5 points.
Le choix du statut peut représenter entre 20 % et 50 % de votre revenu net. Une erreur à ce stade peut coûter entre 50 000 € et 200 000 € sur dix ans, selon votre niveau d’activité et votre structure.
Si vous souhaitez identifier les leviers d’optimisation adaptés à votre situation, réservez une consultation offerte de 15 min.
Voici trois cas traités dans notre cabinet, choisis parce qu’ils couvrent trois moments décisifs du parcours d’un freelance : la bascule micro → société, l’optimisation intra-EURL sans holding, et l’arbitrage contre-intuitif SASU IR vs SASU IS pour un gros CA.
Les chiffres cités correspondent aux simulations produites au moment de la prise en charge. Les paramètres fiscaux ont évolué depuis (notamment la hausse du PFU à 31,4 % en 2026) : les ordres de grandeur restent représentatifs, les montants exacts seraient à actualiser en simulation 2026.
Emmanuelle est freelance en micro-entreprise. Elle prévoit 160 000 € de CA cette année. Elle a dépassé le plafond une première fois l’an dernier ; cette deuxième année consécutive au-dessus du seuil va déclencher sa sortie automatique du régime au 1er janvier suivant. Elle vient me voir précisément pour anticiper cette bascule, qui est désormais inéluctable.
Elle vient me voir, sceptique. Elle pense qu’il y a peut-être quelques centaines d’euros à gagner, au mieux un ou deux milliers.
Son point de départ en micro-entreprise (calcul théorique sur la dernière année où elle peut encore y être) :
Elle n’a pas besoin de la totalité de cette somme pour vivre. Elle veut investir dans l’immobilier pour préparer sa retraite et dispose d’un excédent de 30 à 40 000 € par an qu’elle cherche à placer efficacement.
Le montage mis en place : passage en EURL à l’IS avec création d’une holding par-dessus. Trois leviers articulés permettent de transformer le surplus de revenu en patrimoine immobilier :
Le résultat : 25 000 € de plus par an, orientés vers l’investissement patrimonial. En cumulé sur vingt ans, en supposant un rendement modeste de 3 % sur les placements, l’écart dépasse 700 000 €.
Ce que ce cas illustre : le dépassement du plafond micro est un signal, pas un problème. Le vrai levier, ce n’est pas de changer de statut en urgence, c’est de structurer la capacité d’investissement une fois la société en place.
→ Vous approchez ou dépassez le plafond micro ? Modélisons votre bascule optimale
Pierre Guilbaud est freelance en micro-entreprise, pour la deuxième année consécutive, il a dépassé le plafond. Il cumule deux activités : du ghostwriting et du sponsoring de contenu en tant qu’indépendant et une participation en tant qu’associé d’une SAS (communauté growth pour entreprises à impact). Il projette 180 000 € de CA personnel sur son activité freelance cette année. La bascule vers une structure de société est désormais imposée par la règle des deux dépassements consécutifs ; il vient me voir pour la transformer en opportunité.
Son objectif est simple : se verser 5 000 € nets d’impôts par mois. En projection théorique sur sa dernière année de micro, l’imposition globale (cotisations + IR) atteindrait 51 %. Pour chaque 100 € facturé, 51 € partiraient en charges et impôts. Il ne conserverait que 49 % de son CA, soit environ 88 000 € nets sur les 180 000 € facturés.
Le montage mis en place : création d’une EURL à l’IS, sans holding. Pierre n’a pas encore besoin d’une holding, et le coût annuel (1 500 à 3 000 €) ne se justifie pas à son niveau de revenus disponibles.
Les leviers activés sont ceux que la micro-entreprise ne permet pas :
Le résultat : Pierre passe de 49 % à 62-69 % de rétention nette du CA selon les leviers activés. Pour un CA annuel de 131 000 € effectivement encaissé (après montée en puissance), cela représente :
Gain de 13 à 20 points de rétention nette, sans montage complexe, sans holding.
Ce que ce cas illustre : on n’a pas besoin d’une holding pour gagner beaucoup. La simple bascule en EURL + la maîtrise des leviers périphériques (CESU, chèques vacances, loyer) change radicalement la donne pour un freelance dont le CA se situe entre 100 et 200 k€. La holding, elle, arrive plus tard si les dividendes à réinvestir le justifient.
Lire le détail complet du cas Pierre Guilbaud : de 49 % à 69 % de rétention nette
→ Vous êtes déjà en EURL mais vous ne savez pas si vous optimisez au maximum ? Faisons le point ensemble
Isabelle a 59 ans, elle est mariée avec trois enfants. Elle eétait cadre supérieure dans un grand groupe pendant l’essentiel de sa carrière, dont une large partie à l’étranger. Elle souhaite lancer une activité de consulting en management de transition, avec un TJM projeté à 2 000 € et un CA cible d’environ 380 000 € par an.
Ses objectifs sont multiples :
Le réflexe classique pour son profil serait la SASU à l’IS. C’est ce que lui aurait recommandé la plupart des conseillers. Je produis les simulations sur les deux options.
Scénario A : SASU à l’IS (le choix classique)
Scénario B : SASU à l’IR (contre-intuitif à son âge et son niveau de revenus)
Pourquoi la SASU à l’IR est-elle plus efficace pour elle ? Parce qu’avec la SASU à l’IR, l’intégralité du résultat de la société remonte directement à son impôt sur le revenu, sans passer par la double imposition IS + flat tax. Pour un profil à TMI élevée avec une capacité de versement PER importante, le barème progressif devient mécaniquement plus favorable que le cumul IS + PFU.
Conditions et limites strictes de l’option SASU à l’IR (article 239 bis AB du CGI) : la société doit avoir moins de 5 ans au moment de l’option, employer moins de 50 salariés, réaliser moins de 10 M€ de CA ou de bilan, exercer une activité commerciale, artisanale, libérale ou agricole, et l’associé unique doit être une personne physique. L’option est valable 5 exercices maximum, non renouvelable. A l’issue, la société repasse automatiquement à l’IS, ou peut y revenir à tout moment de manière définitive. Le bénéfice est imposé sur l’intégralité du résultat, qu’il soit distribué ou non et la rémunération du président n’est pas déductible. Pour Isabelle, ce régime est pertinent sur la phase de lancement (2 à 5 ans), avec basculement programmé vers une structure IS + holding lorsque l’activité atteint son rythme de croisière.
On va plus loin sur la situation personnelle :
Le total : 97 800 € de gain annuel (53 000 € sur la rémunération + 44 800 € sur les revenus du capital), sans compter les 294 000 € de droits successoraux évités.
Ce que ce cas illustre : la bonne réponse n’est pas toujours la réponse par défaut. Pour un profil particulier (âge, TMI élevée, capacité d’épargne, situation familiale), la SASU à l’IR peut générer un écart de 53 000 € par an par rapport à la SASU à l’IS. Aucune règle générique ne vous dira lequel choisir. Seule une simulation personnalisée sur votre situation peut trancher.
→ Votre statut actuel est-il vraiment le plus avantageux pour votre profil ? Demandez une simulation
C’est l’angle mort le plus fréquent chez les freelances que je reçois. Ils ont trouvé le bon statut, optimisé leur rémunération, déduit leurs frais et ils s’arrêtent là. Ils laissent pourtant une part significative de leur épargne investissable sur un compte courant ou un livret peu rémunéré, sans aucune stratégie d’allocation ni de défiscalisation.
Or un freelance bien structuré sur le plan fiscal a un problème que le salarié n’a pas : il dispose d’une capacité d’épargne significative mais génère moins de droits à la retraite. Un cadre supérieur salarié à 120 000 € bruts par an cotise sur l’intégralité de sa rémunération aux régimes de base et complémentaires (CNAV, Agirc-Arrco). Un freelance à 120 000 € de CA en EURL, avec un salaire optimisé à 48 000 € nets, ne cotise que sur cette base. L’écart à la retraite peut être significatif et atteindre plusieurs milliers d’euros par an. L’estimation précise dépend de la durée de cotisation, des points Agirc-Arrco accumulés et du régime complémentaire choisi.
La fiscalité d’un freelance ne se limite donc pas au choix du statut. Elle intègre une stratégie d’investissement alignée sur les objectifs patrimoniaux.
La méthode que je recommande tient en trois questions :
L’allocation se répartit typiquement entre trois poches :
Le Plan d’Épargne Retraite est probablement l’outil fiscal le plus sous-utilisé par les freelances. Les plafonds de déduction 2026 sont significativement plus élevés pour les travailleurs non-salariés que pour les salariés.
Plafonds 2026 (PASS 2026 = 48 060 €, article 163 quatervicies du CGI) :
Nouveautés 2026 : la loi de finances introduit deux changements structurants à intégrer dans la stratégie de versement.
Exemple chiffré : un freelance en EURL avec 100 000 € de bénéfice imposable et une TMI à 41 % peut verser jusqu’à 17 791 € sur son PER au titre du plafond TNS (10 % × 100 000 = 10 000 €, auxquels s’ajoute 15 % × (100 000 − 48 060) = 7 791 €). À 41 % de TMI, 10 000 € versés génèrent une économie d’impôt immédiate de 4 100 €. Un plafond salarié résiduel (article 163 quatervicies) peut également s’ajouter dans certains cas de cumul d’activité. Sur 20 ans, l’effet capitalisé est considérable.
Quand le PER est particulièrement puissant :
Quand il l’est moins :
Le PER n’est pas un placement magique : c’est un bouclier fiscal qui transforme de l’impôt actuel en liquidité différée. Trois pièges méritent votre attention avant de signer :
Pour la bourse : le PEA (plafond 150 000 €, exonération des plus-values après 5 ans), l’assurance-vie (fiscalité privilégiée après 8 ans), le compte-titres ordinaire pour la flexibilité.
Pour l’immobilier : le LMNP (loueur en meublé non professionnel) avec amortissement du bien pour neutraliser fiscalement les revenus locatifs, les SCPI, l’investissement direct via une SCI (souvent combinée avec une holding pour un freelance structuré) ou la SASU immobilière pour un investissement patrimonial à l’IS.
Pour l’investissement en PME : la réduction d’impôt IR-PME (25 % du montant investi plafonné) ou l’investissement via votre holding (avec une logique de patrimoine professionnel).
Si vous disposez d’un capital important, allez lire nos recommandations pour placer 500 000 €.
Je constate souvent que les freelances que je reçois se concentrent sur le choix du statut juridique et oublient le travail quotidien sur les frais professionnels. Pourtant, pour un freelance en EURL ou en SASU, chaque 100 € de charge déductible bien documentée représente environ 25 € d’économie d’impôt sur les sociétés au taux normal. À cela s’ajoute une économie d’impôt sur le revenu si la trésorerie libérée est réinvestie intelligemment.
Un freelance en EURL ou SASU peut déduire toutes les charges engagées dans l’intérêt de l’entreprise. La liste des frais déductibles classiques comprend :
Ces dispositifs sont moins connus mais parfaitement légaux et particulièrement efficaces pour un dirigeant d’EURL ou de SASU :
La déduction des frais professionnels est un droit, pas un privilège. Mais elle est soumise à deux règles non négociables :
Un freelance qui tient une comptabilité rigoureuse (avec un expert-comptable ou un logiciel dédié) sécurise ses déductions et dort tranquille en cas de contrôle fiscal. Un freelance qui accumule des frais mal justifiés s’expose à un redressement, souvent majoré de 40 % pour manquement délibéré.
→ Pour une simulation personnalisée de vos frais déductibles et de leur impact fiscal, réservez une consultation.
La holding est probablement le montage fiscal le plus mal interprété pour un freelance. Les arguments commerciaux mettent en avant l’exonération des dividendes à 95 % (régime mère-fille) comme si c’était une solution universelle. Mais ça ne l’est pas.
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Lorsqu’une société mère (la holding) détient au moins 5 % du capital de sa filiale et conserve les titres pendant au moins deux ans, elle bénéficie du régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI). Concrètement, les dividendes remontés de la filiale vers la holding sont exonérés d’impôt sur les sociétés à hauteur de 95 %. Seule une quote-part forfaitaire de 5 % est réintégrée au résultat imposable de la holding, au titre des “frais et charges” réputés liés à la participation.
Imposition effective sur les dividendes remontés : 5 % × 25 % = 1,25 %.
Pour 100 000 € de dividendes distribués par l’EURL à sa holding, la holding réinvestit 98 750 €. Le même dirigeant qui aurait distribué ces dividendes directement à titre personnel aurait payé 31,4 % de flat tax, conservant seulement 68 600 €, soit une différence de 30 150 € à chaque opération.
Deux conditions doivent être réunies pour qu’une holding soit économiquement pertinente pour un freelance :
Un volume de dividendes récurrents à réinvestir
Le coût de maintien d’une holding (frais comptables et juridiques d’une structure supplémentaire) se situe entre 1 500 € et 3 000 € par an. En dessous de 60 000 à 80 000 € de dividendes remontés annuellement, le gain fiscal ne couvre pas significativement le coût de la structure.
Une intention d’investissement réel
La holding n’a de sens que si elle réinvestit les dividendes : en immobilier via une SCI, en titres de participation dans d’autres sociétés ou en placements financiers. Une holding qui laisse dormir la trésorerie n’a pas d’utilité économique réelle. Et c’est précisément ce que traque l’administration fiscale.
Le principal risque de la holding, c’est l’abus de droit (article L64 du LPF). Si l’administration fiscale estime que le montage n’a pas d’autre finalité que de réduire l’impôt, elle peut écarter le régime mère-fille et appliquer des pénalités allant de 40 % à 80 % des droits éludés selon la gravité du manquement.
Pour se prémunir, il faut démontrer la substance économique de la holding :
Pour en savoir plus, consultez notre article sur les risques fiscaux en holding.
En pratique, la holding est un outil puissant pour un freelance à partir de 200 000 € de CA, avec une capacité de distribution régulière et une stratégie d’investissement structurée. Pour un freelance à 100 000 € de CA, c’est prématuré dans 9 cas sur 10.
Pour aller plus loin sur les leviers concrets pour réduire la fiscalité de la holding, une analyse personnalisée via un cabinet de conseil en défiscalisation reste indispensable.
J’accompagne de nombreux freelances encore en micro-entreprise et j’observe deux profils opposés. D’un côté, ceux qui quittent le régime trop tôt, alors que leurs charges sont faibles et que l’abattement forfaitaire couvre largement leurs coûts réels.
De l’autre, ceux qui s’y accrochent trop longtemps, avec un chiffre d’affaires élevé et des charges significatives et finissent par payer l’impôt sur une base théorique largement supérieure à leur bénéfice économique.
La micro-entreprise a ses propres leviers, distincts de ceux d’une société. Trois points méritent une attention particulière en 2026.
Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu (article 151-0 du CGI) permet de payer l’IR en même temps que les cotisations sociales. Le taux fixe s’applique directement sur le CA :
Condition d’éligibilité 2026 : le revenu fiscal de référence du foyer pour l’année 2024 (N-2) doit être inférieur à 29 315 € par part de quotient familial.
Le versement libératoire est avantageux quand la tranche marginale d’imposition du foyer est élevée (30 % ou 41 %). Il devient neutre ou défavorable en tranche 11 % ou 0 %. Pour un freelance célibataire à 60 000 € de CA avec peu d’autres revenus, le calcul doit être fait précisément. L’option est irrévocable pour l’année en cours.
Un freelance qui dépasse le plafond de 83 600 € n’est pas immédiatement exclu de la micro-entreprise. Le régime autorise un dépassement pendant une année sans conséquence. Ce n’est qu’en cas de dépassement sur deux années civiles consécutives que la sortie est automatique, au 1er janvier suivant.
Cette marge d’un an est précieuse pour préparer la bascule en EURL ou SASU dans de bonnes conditions : audit de situation, choix de la forme juridique, rédaction des statuts, transition progressive. Ne subissez jamais cette bascule, anticipez-la.
Un salarié licencié ou en fin de CDD qui se lance en micro-entreprise peut cumuler une partie de ses allocations chômage avec son CA, tant que le CA mensuel ne dépasse pas le montant mensuel de ses droits. Au-delà, les allocations sont suspendues pour le mois concerné.
Alternative : l’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise). France Travail verse 60 % des allocations restantes sous forme de capital, en deux versements : 30 % à la création de l’activité et 30 % six mois plus tard (si l’activité est toujours en cours). L’ARCE est une option intéressante si vous anticipez un CA qui dépassera rapidement vos droits mensuels.
Pour un freelance qui veut préserver intégralement ses ARE, la SASU reste la meilleure option : les ARE sont maintenues à 100 % tant que le dirigeant ne se verse pas de salaire. Attention toutefois : depuis 2025, France Travail peut analyser l’ensemble des revenus professionnels, y compris les dividendes. Il est prudent de consulter France Travail avant toute distribution significative pendant la période d’indemnisation.
Pour d’autres points spécifiques aux travailleurs indépendants, consultez notre analyse de la taxe PUMa (cotisation subsidiaire maladie, qui peut surprendre certains freelances à revenus importants) et notre méthode pour calculer son taux marginal d’imposition.
L’optimisation fiscale est légale, l’évasion fiscale ne l’est pas. La frontière est parfois subtile et certaines pratiques présentées comme “astucieuses” exposent en réalité à des redressements lourds. Voici les erreurs que je vois le plus souvent dans ma pratique et les mauvaises pratiques à éviter.
L’abus de droit fiscal (article L64 du Livre des procédures fiscales) sanctionne les montages dont le seul but est de réduire l’impôt, sans justification économique réelle. Une holding purement fiscale qui ne réinvestit jamais, un loyer de bureau surévalué, une rémunération anormalement basse pour maximiser les dividendes : autant de pratiques qui peuvent être requalifiées.
Les pénalités pour abus de droit vont de 40 % à 80 % des droits éludés, auxquels s’ajoutent les intérêts de retard. Un redressement peut remettre en cause plusieurs années d’optimisation et coûter bien plus cher que le gain initial.
Je rencontre encore des freelances qui déduisent des frais sans conserver les factures. C’est la meilleure façon de perdre le bénéfice d’une optimisation par ailleurs légitime. Deux règles simples :
Les erreurs de déclaration sont plus fréquentes qu’on ne le pense et certaines sont coûteuses :
Trois promesses à regarder avec prudence :
Un freelance qui reste en EURL à l'IR par confort alors qu'un passage à l'IS avec arbitrage salaire/dividendes serait optimal peut perdre 20 000 à 40 000 € par an. Un dirigeant d’EURL qui ne verse rien sur un PER laisse filer plusieurs milliers d’euros d’économie fiscale. Une holding créée trop tard fait perdre des années de capitalisation.
La bonne pratique : faites le point chaque année sur votre situation fiscale, en intégrant les évolutions de la loi de finances et de la LFSS, pour ajuster votre stratégie en temps réel.
C’est l’erreur que je rencontre le plus souvent. Beaucoup de freelances pensent que leur expert-comptable s’occupe de leur optimisation fiscale et patrimoniale. Ce n’est presque jamais le cas. Et ce n’est pas une question de compétence ou de mauvaise volonté : c’est une différence de mission.
L’expert-comptable a un rôle de conformité : produire les comptes annuels, établir la liasse fiscale, vérifier les déclarations, sécuriser l’application des règles. C’est un métier essentiel, mais défensif par nature. Son objectif n’est pas de vous faire économiser 30 000 € par an ; c’est de garantir que vous ne payez pas d’amende.
L’optimisation fiscale et patrimoniale est un métier distinct. Elle demande de modéliser plusieurs scénarios, d’arbitrer entre la fiscalité d’aujourd’hui et celle de demain, d’intégrer l’investissement, la retraite, la succession. Peu d’experts-comptables ont le temps, l’outillage et l’appétence pour ce travail. Ce n’est pas leur cœur de métier.
Concrètement : votre expert-comptable s’occupe de votre passé, le conseil en stratégie patrimoniale s’occupe de votre futur. Les deux sont complémentaires.
→ Un doute sur une pratique dans votre situation ? Contactez-nous pour une consultation offerte.
Règle n°1 : le statut n’est pas un choix par défaut.
Micro, EURL, SASU répondent à des situations différentes. Le bon arbitrage dépend de votre chiffre d’affaires, de vos charges réelles, de vos besoins de revenus immédiats, de vos ARE et de votre stratégie d’investissement. Aucune règle générique ne remplace une simulation personnalisée.
Règle n°2 : L'optimisation fiscale ne se limite pas au statut.
Les gains se situent souvent dans les leviers périphériques : PER TNS, déduction des charges réelles, CESU, chèques vacances, loyer de bureau ou encore régime mère-fille lorsque la holding est pertinente. Combinés, ces leviers peuvent représenter un écart significatif de revenu net.
Règle n°3 : la fiscalité se raisonne sur la durée.
Un arbitrage pertinent ne se juge pas uniquement à l’année. Un choix légèrement moins favorable à court terme peut permettre de structurer un patrimoine et d’optimiser la fiscalité sur dix ou vingt ans.
L’optimisation fiscale d’un freelance repose sur la cohérence d’ensemble des décisions prises dans le temps.
Depuis cinq ans, j’accompagne plus de 230 dirigeants, freelances et consultants dans la structuration de leur stratégie fiscale et patrimoniale. Les optimisations mises en place permettent généralement de dégager plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers d’euros d’écart annuel, selon les profils.
Le modèle de Noun Partners repose sur une approche indépendante :
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Le choix dépend de trois variables : votre CA, vos charges réelles, et vos objectifs. La micro-entreprise reste pertinente si votre CA est inférieur à 83 600 € et si vos charges professionnelles sont faibles (moins de 20 % du CA). L’EURL à l’IS est souvent le meilleur compromis pour un CA entre 50 000 € et 200 000 €, avec une rémunération régulière en salaire. La SASU est pertinente pour un CA supérieur à 100 000 € avec une logique mixte salaire + dividendes, ou pour maintenir vos allocations chômage en phase de transition.
Non, c’est l’idée reçue la plus persistante. La flat tax à 31,4 % s’applique aux dividendes, mais ces dividendes ont d’abord supporté l’impôt sur les sociétés (15 % jusqu’à 42 500 € puis 25 %). Sur 100 000 € de bénéfice, l’IS prélève 20 750 €, puis le PFU sur les 79 250 € distribués prélève 24 885 € supplémentaires : 45 635 € de prélèvements au total, soit 45,6 %, sans aucune cotisation retraite. Sans holding au-dessus, la SASU est rarement la plus efficace pour un freelance solo en dessous de 200 000 € de CA.
Pas systématiquement. Le PER reste très puissant pour un freelance à TMI 41 % ou 45 % avec un horizon long, mais trois situations rendent l’arbitrage perdant : une TMI actuelle faible (11 % ou 30 %) qui rend l’écart fiscal mince, un besoin de liquidités à moyen terme (le PER est bloqué jusqu’à la retraite hors cas de déblocage anticipé) et des frais de gestion élevés sur certains contrats (1,5 %/an + 3 % sur versement érodent significativement le rendement). Avant de signer, comparez systématiquement à l’alternative : ne pas verser et placer la même somme en assurance-vie, compte-titres ou PEA.
Le seuil légal est de 83 600 € pour les prestations de services (BIC et BNC) en 2026. Le seuil économique réel est souvent beaucoup plus bas. Un freelance avec 60 000 € de CA mais 15 000 € de charges professionnelles réelles a généralement intérêt à basculer en EURL avant le plafond légal, parce que l’abattement forfaitaire (34 % ou 50 %) ne reflète plus ses charges effectives. La vraie question à se poser : vos charges réelles dépassent-elles l’abattement forfaitaire que vous percevez en micro ?
Oui, légalement. La SARL holding ou la SAS holding sont parfaitement accessibles à un freelance solo. La pertinence économique apparaît à partir d’environ 60 000 à 80 000 € de dividendes récurrents distribués par an. En dessous de ce seuil, le coût comptable de la holding (1 500 à 3 000 € par an pour chaque structure) dépasse souvent le gain fiscal.
Le gain dépend du profil. Pour un freelance en micro-entreprise avec peu de charges, l’optimisation rapporte parfois peu (quelques centaines d’euros via le versement libératoire, le PER ou les niches d’investissement). Pour un freelance en EURL ou SASU avec un CA entre 80 000 € et 200 000 €, le gain annuel typique se situe entre 5 000 € et 20 000 € (arbitrage statut, PER TNS, charges déductibles réelles, CESU/chèques vacances). Pour un freelance haut revenu avec holding pertinente et stratégie patrimoniale construite, le gain annuel peut atteindre 20 000 € à 50 000 € sur la durée. Ces ordres de grandeur supposent une stratégie cohérente et tenable juridiquement.
Cet article est destiné aux freelances, consultants et solopreneurs souhaitant comprendre les grandes lignes de l’optimisation fiscale en France en 2026. Il ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal, ni une recommandation d’investissement applicable à une situation individuelle. Chaque situation étant spécifique, toute décision impactant votre statut, votre fiscalité ou votre patrimoine devrait être prise après une analyse personnalisée par un professionnel habilité (avocat fiscaliste, expert-comptable, conseiller en investissements financiers réglementé). Les chiffres et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de dernière mise à jour de l’article ; ils sont susceptibles d’évoluer selon les textes publiés ultérieurement.
Lois et décrets 2026
Code général des impôts
Code de la Sécurité sociale
Livre des procédures fiscales et Code de commerce
Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP)
Administrations et portails officiels
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