Placement de trésorerie en holding : comment choisir, et à quel coût net
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Votre holding a de la trésorerie. On vous parle de rendement, beaucoup moins de ce qu’il vous restera le jour où vous voudrez récupérer l’argent. Si vous dirigez une SAS, SASU, SARL ou SEL avec un excédent à placer, c’est cette question que je pose avant de regarder les produits.
Ce cash a trois origines possibles :
Dividendes remontés de la filiale, le plus souvent sous le régime mère-fille. Il faut détenir au moins 5 % du capital de la filiale et conserver les titres au moins 2 ans. La quote-part de frais et charges est alors de 5 %, soit un coût d'environ 1,25 %.
Produit d'une cession.
Solde libre d'un apport-cession, une fois 70 % du prix réservé au remploi.
Quelle que soit l'origine, le solde bancaire n'est pas un excédent. La bonne question est simple : de combien la société aura-t-elle besoin, quand, et quelle somme peut vraiment être immobilisée ?

Je sépare quatre poches, holding et filiale l'une après l'autre :
Le matelas : les besoins réels sur 12 mois, avec une hypothèse de croissance basse, les frais de structure et l'éventuelle dette.
Les engagements à date connue : impôts, échéances, distributions prévues.
Le cash de projet : acquisition, recrutement, nouvel actif.
L'excédent durable : ce qui reste, et seulement cela.
La filiale peut manquer de cash pendant que la holding en a trop. Un tableau consolidé masque cet écart. Le détail des poches est dans notre analyse du placement de trésorerie d'entreprise.
Je ne tranche jamais par la fiscalité seule. Tout part de votre contrainte de liquidité et de vos projets.
Si ce cash n'est pas nécessaire à votre train de vie, je préfère le faire remonter dans la holding et l'investir depuis là. En dividendes personnels, 31,4 % partent en flat tax avant même de commencer à investir.
Je m'impose deux garde-fous. Seul l'excédent durable se place, après le matelas et les projets.
Le premier : je refuse d'accumuler du cash pour le sortir plus tard à un taux faible. La flat tax est passée de 30 % à 31,4 % en 2026 et une taxe sur les holdings est arrivée.
« L'objectif n'est pas de gonfler son compte courant à l'infini. » Le cash conservé doit avoir une destination.
Le second : laisser dormir le solde coûte de l'argent. Prenons 450 k€ avec 2 % d'inflation moyenne : au bout de 10 ans, ils ne valent plus qu'environ 369 k€ de pouvoir d'achat (hypothèse de calcul, non garantie).
Avant de placer, je vérifie aussi la rémunération. Le mix salaire/dividendes crée l'excédent, et c'est souvent là que se trouve le premier gain.
Hypothèses : la filiale a distribué 100 000 € de dividende, après son propre IS. La holding est à l'IS au taux normal de 25 %. Le dirigeant n'a pas besoin de cet argent pour vivre.
Le PFU est de 31,4 % en 2026. Sur le régime mère-fille, une quote-part de 5 % est réintégrée, soit 5 % × 25 % = 1,25 % d'impôt.
| Voie 1 : dividende versé au dirigeant | Voie 2 : remontée dans la holding | |
| Dividende de départ | 100 000 € | 100 000 € |
| Impôt à la remontée | 31 400 € | 1 250 € |
| Capital à placer | 68 600 € | 98 750 € |
| Valeur après 10 ans, placement à 3 % brut | environ 84 080 € | environ 123 360 € |
| Net si tout est distribué au dirigeant au bout de 10 ans | environ 84 080 € | environ 84 630 € |
La projection est une hypothèse de calcul, pas un rendement attendu. Le placement produit des revenus imposés chaque année : 2,25 % net dans la holding (IS à 25 %), 2,058 % net à titre personnel (PFU à 31,4 %).
Au départ, l'écart est de 30 150 € de capital qui travaille. Si vous videz tout au bout de 10 ans, la holding ne fait gagner que 550 € environ : 84 630 € contre 84 080 €.
L'impôt personnel n'est pas supprimé, il est reporté. La holding rend l'IS sur les gains, puis la flat tax le jour où vous récupérez le cash.
Son avantage tient donc ailleurs. Vous gardez 98 750 € disponibles pour un projet, une acquisition, un réinvestissement ou une transmission, sans repasser par l'impôt personnel à chaque étape.
Sans projet, la holding devient un centre de coûts : de l'ordre de 2 à 3 k€ par an de frais sur des dossiers simples, un ordre de grandeur observé et non un tarif.
Les dividendes n'ouvrent aucun droit à la retraite. Le cash gardé en holding doit donc financer explicitement la vôtre, avec un montant et un calendrier. Sinon, vous accumulez un capital sans savoir à quoi il sert.
Côté transmission, un capital resté dans une holding se donne sous forme de titres. Cela se prépare avant la cession, avec l'apport-cession quand le calendrier le permet. Sans anticipation, jusqu'à 45 % de votre patrimoine peut partir en impôts.
Vérifiez d'abord que l'objet social autorise l'investissement financier. Si les statuts ne le prévoient pas, on les modifie avant le premier placement. Ensuite, chaque opération doit être enregistrée correctement : achat, revenus, cession, frais.
Distinguez aussi deux flux. L'argent réinvesti dans la société reste dans la société. L'argent distribué puis placé à titre personnel a déjà supporté sa fiscalité de sortie.
Une holding animatrice participe activement à la conduite de la politique du groupe et au contrôle de ses filiales. Une holding passive détient des titres. La qualification dépend des faits, pas de l'intitulé.
Un portefeuille financier qui grossit sans animation réelle fragilise donc la qualification. Je ne fixe aucun seuil : c'est l'ensemble du dossier qui est regardé (le fonctionnement d'une holding animatrice est détaillé ailleurs).
La holding ne devient pas une solution fiscale automatique. Une structure créée pour la seule fiscalité expose à l'abus de droit. « Légal et défendable, ce n'est pas pareil. » Les risques de redressement d'une holding commencent là.
Pour une cession réalisée depuis le 21 février 2026 avec apport-cession (article 150-0 B ter du CGI), 70 % du prix doit être réinvesti dans l'économie productive, sous 3 ans, avec une conservation de 5 ans. Avant, c'était 60 %, 2 ans et 1 an.
L'immobilier locatif et le portefeuille boursier sont exclus du remploi. La part libre de la holding, celle que vous pouvez placer, est donc plus petite.
Prenons une cession à 5 M€ :
| Règle précédente | Règle actuelle | |
| À réinvestir | 3 M€ sous 2 ans | 3,5 M€ sous 3 ans, conservés 5 ans |
| Part libre | 2 M€ | 1,5 M€ |
Si le remploi n'est pas fait à temps, toute la plus-value d'apport redevient imposable. Le détail est dans notre page sur l'obligation de remploi.
La loi de finances 2026 a aussi créé une taxe annuelle de 20 % sur la valeur des biens somptuaires détenus par les holdings patrimoniales : yachts, avions, véhicules de tourisme, bijoux et métaux précieux, vins, logements réservés à un associé. Elle vise les exercices clos à compter du 31 décembre 2026 et exige trois conditions cumulatives :
Actifs d'au moins 5 M€.
Détention d'au moins 50 % par une personne physique.
Plus de 50 % de revenus passifs.
Dans le texte voté, la trésorerie et les placements financiers n'entrent pas dans l'assiette. Les pistes du budget 2027, non votées en septembre 2026, visent à l'étendre au patrimoine financier des holdings « cash-box ».

L'avis de Malek
Mon avis : je ne vide pas une holding sur une annonce. Je conseille de cartographier maintenant et d'arbitrer après le vote.
Vous devez savoir, ligne par ligne, ce que votre holding détient et d'où viennent ses revenus. Une holding proche de 5 M€ d'actifs ou de 50 % de revenus passifs doit avoir son plan A et son plan B prêts.
Plus l'horizon est court, plus la disponibilité compte. Plus il s'allonge, plus vous pouvez accepter des supports qui fluctuent, en échange d'un rendement potentiellement supérieur. Cela ne vaut que pour l'excédent, une fois le matelas de 12 mois isolé.
| Horizon | Familles de supports | Point de vigilance pour une holding à l'IS |
| 6 à 18 mois | Fonds monétaires, comptes à terme, solutions de trésorerie rémunérée | Date d'échéance, reconduction, garantie applicable, concentration bancaire |
| 2-3 ans | Obligations investment grade, produits structurés | Risque de crédit, risque de perte en capital avant échéance, émetteur, barrières. Un fonds obligataire n'a pas la mécanique d'une obligation gardée jusqu'à l'échéance |
| Au-delà de 24 mois | Contrat de capitalisation, compte-titres de la société | Frais empilés, imposition annuelle, liquidité |
Un repère de marché, daté : fin septembre 2026, l'OAT à 10 ans est autour de 4,65 %, les rendements des obligations investment grade ont suivi cette hausse, et les produits structurés affichent des coupons cibles de l'ordre de 7 à 9 %, avec un risque de perte en capital.
Pour aller plus loin et arbitrer efficacement selon votre besoin de liquidité, découvrez notre comparatif pour choisir le meilleur placement de trésorerie pour votre entreprise.
Le risque du compte à terme vient de sa tacite reconduction. Prenons 500 000 € placés à 3,5 % : 17 500 € brut par an. Trois ans plus tard, la banque reconduit à 2,49 % : 12 450 € brut, soit environ 9 300 € net après IS à 25 %.
Personne ne vous a prévenu, et le produit a perdu près de 30 % de son revenu brut. « Votre banque ne vous rappellera pas. » Je mets donc une date de revue avant chaque échéance, et j'échelonne les maturités au lieu de tout placer en un seul bloc.
Quand les taux remontent, un compte courant à 0 % n'a plus de justification au-delà du matelas. Rester immobile n'est pas plus prudent que bloquer au mauvais moment. Échelonner les maturités vaut mieux que parier sur l'une des deux.
Une société à l'IS n'a pas la capitalisation fiscale d'un particulier. Les produits du contrat entrent dans son résultat imposable selon des règles propres (article 238 septies E du CGI). Je regarde donc les frais d'entrée, de gestion et d'arbitrage, les supports, le délai de rachat et la comptabilisation.
Avant d'en ouvrir un, j'audite les contrats existants. Le traitement se fait valider avec l'expert-comptable avant souscription, pas après.
Pour une société à l'IS, la plus-value latente sur la plupart des ETF est imposée chaque année, même sans vente. Des actions en direct ne sont imposées qu'à la cession. La société paie alors l'impôt sur un gain non encaissé, ce qui freine la capitalisation.
L'article 209-0 A prévoit une exclusion pour les fonds investis en permanence à 90 % au moins en actions de sociétés de l'Union européenne soumises à l'IS. Un ETF monde n'y entre pas.
Je compare donc toujours avec une sortie vers un placement personnel, comme le PEA.
Une société peut loger plusieurs familles de supports que les particuliers peuvent aussi souscrire. Ce qui change, c'est l'imposition : elle se fait à l'IS de la société. Quatre familles reviennent :
Contrats de capitalisation et comptes-titres de personne morale.
Produits structurés.
Usufruit temporaire immobilier.
Dette privée.
Je m'en tiens à un principe simple : « Mon conseil : diversifiez vos placements entre pro (entreprise) et perso (avantages fiscaux). »
Pour la crypto, mon plafond est de 5 à 10 % de la trésorerie placée. Le cadre doit être encadré : prestataires enregistrés, gestion déléguée. La réserve reste exclue.
Mon repère de travail sur l'excédent durable : viser 6 à 8 % par an. C'est un repère, pas une promesse. Il suppose plus de volatilité ou moins de liquidité, et au-delà on passe en profil dynamique.
Enfin, ne plus investir votre trésorerie parce que les médias parlent de crash boursier, c'est « spéculer avec votre entreprise ». La protection vient de la réserve de 12 mois, pas du choix du bon moment.
« L'expert-comptable calcule l'IS. La banque regarde la trésorerie. Aucun des deux ne simule l'écart net entre les trois voies possibles. »
Ils font bien leur métier, mais ce n'est pas celui-là. L'expert-comptable veille à la conformité et à l'impôt de la société. La banque présente ses produits.
Personne ne pilote la trésorerie en fonction de vos projets. C'est pourtant ce qui décide s'il faut la garder en société, la remonter en holding ou la sortir.

Un frais isolé de 0,5 % n'est jamais le sujet. « “0,5 %” sur la gestion d'un contrat n'est jamais un sujet. Le sujet, c'est l'empilement. »
Les couches se cumulent :
Frais de contrat.
Mandat de gestion.
Fonds dédiés.
Supports chargés.
Chaque intermédiaire rogne la rentabilité, et ce manque à gagner se capitalise année après année. Il ne se voit pas à l'œil nu, parce que chaque ligne paraît raisonnable prise seule.
Les fonds maison sous-performent souvent. Je choisis mes supports sur leur performance et leurs frais, en architecture ouverte : fonds cleanshare, ETF sans rétrocession.
Avec un gros montant et un horizon d'au moins 36 à 48 mois, le dirigeant ou le DAF ne choisit plus un produit sur étagère. « Ils doivent réaliser un appel d'offres, pas seulement auprès de leurs banques. » La mise en concurrence fait apparaître les écarts de rendement et de frais à risque comparable, que la banque habituelle ne met pas en avant.
Notre cabinet n'appartient à aucun groupe bancaire ni à aucune compagnie d'assurance. Nous sommes rémunérés par vos honoraires et, sur certaines solutions que nous mettons en place pour vous, par des commissions versées par les établissements partenaires. Le montant en est indiqué avant toute souscription, et vous pouvez en obtenir le détail à tout moment.
Je ne choisis ni l'un ni l'autre. Le schéma que je trouve le plus sécurisant est « un schéma mixte alliant perception d'une partie du prix de cession à titre personnel et conservation du solde au sein de la holding ».
Chaque extrême a son coût. Tout garder impose l'IS sur les gains, puis la flat tax le jour où vous voulez récupérer le cash. Tout sortir déclenche la fiscalité immédiatement, contre une liberté totale.
Le schéma mixte garde de la flexibilité et prépare la transmission. Il diversifie les enveloppes : assurance-vie à titre personnel, compte-titres dans la holding.
Prenons un dirigeant de 44 ans qui cède sa société 6 M€ et vise 120 k€ par an de revenus passifs nets. En sortant tout le prix, il paie l'impôt d'un coup. En laissant tout dans la holding, il repousse la seconde couche d'imposition sur chaque euro retiré plus tard.
L'option mixte est, dans ce cas, le meilleur compromis à mes yeux. Un point d'attention si vous êtes passé par un apport-cession : depuis la loi de finances 2026, la part libre de la holding est plus petite.
Pour le remploi, on vous proposera des solutions packagées. Elles respectent la réglementation. Mais « dans 90 % des cas, ils vous font prendre des décisions qui n'ont aucune cohérence avec vos objectifs patrimoniaux. »
Je retrouve trois défauts :
des frais empilés, souvent au-dessus de 3 % par an ;
un risque concentré sur le private equity et le LBO ;
un capital bloqué 5 à 10 ans.
Je préfère une vraie diversification : plusieurs zones, plusieurs classes d'actifs, plusieurs horizons.
La plupart des pertes viennent de l'inaction, pas du marché.
Laisser vos comptes à terme se reconduire seuls. Vous subissez le taux du jour sans arbitrage. Chaque échéance se prépare avec une revue datée, comme en horizon.
Capitaliser des ETF en société pour gagner sur l'IS. L'imposition annuelle de la plus-value latente freine la capitalisation. Je compare toujours avec le PEA personnel.
Créer une holding juste avant une cession déjà négociée. Je refuse ce montage tardif, même avec un projet affiché. Sécurisez la structure bien en amont.
Garder trop de cash ou aucune réserve. Un matelas surdimensionné immobilise du capital, l'absence de réserve expose. Je calibre 12 mois de besoins réels, puis je place le reste.
Je tranche selon trois situations :
Trésorerie stable de 250 k€ ou plus, besoin personnel couvert. Je fais remonter l'excédent en mère-fille, pour un coût d'environ 1,25 %. Je fixe le matelas, puis j'échelonne le reste par horizon.
Budget de rémunération sous 150 k€, sans projet. Je ne crée pas de holding pour placer. Elle devient un centre de coûts. Je reviens d'abord à la rémunération, qui dégage l'excédent.
Cession préparée ou conclue. Je pars d'un schéma mixte : une partie du prix à titre personnel, le solde dans la holding. Je fixe le calendrier du remploi en apport-cession avant de regarder le moindre produit.
L'ordre est toujours le même : rémunération, structure, puis placement.
Ma rémunération se structure autour d'honoraires sur une phase d'audit. Si votre retour sur investissement est inférieur à 3 (économies de charges fiscales et sociales, prélèvements sociaux, frais de contrats mutuelle et prévoyance, droits de succession) je m'engage à rembourser le montant de mes honoraires.
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