Imposition des plus-values de cession d’actions : vendre en direct ou par une holding
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L’imposition de la plus-value de cession d’actions est de 31,4 % par défaut : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, sauf option pour le barème, sur la différence entre le prix de vente et le prix d’achat.
Vous préparez la vente de votre société, ou une offre vient d’arriver. Vos titres sont encore à votre nom, en partie dans une holding, ou déjà apportés. Et la question devient concrète : combien d’impôt sur ce prix, et comment le réduire légalement ?
Dans cette page, je vous explique comment se calcule et s’impose la plus-value sur actions, ce que change la contribution des hauts revenus, puis les cinq chemins d’un dirigeant qui vend, mis côte à côte dans une comparaison chiffrée.
Au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, par défaut : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Surnommé « flat tax », il frappe le gain en capital réalisé à la vente, socle de la fiscalité des actions, qu’il s’agisse d’actions ou de parts sociales (SARL, EURL, SCI à l’impôt sur les sociétés), d’un particulier en bourse ou d’un dirigeant qui cède sa société.
Sources : article 200 A du CGI ; article L136-8 du Code de la sécurité sociale ; article 235 ter du CGI ; loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, article 12.
Selon l’article 200 A du Code général des impôts, l’option pour le barème progressif est « globale » : elle remplace les 12,8 % pour tous vos revenus et plus-values de capitaux de l’année, et se coche sur la déclaration de revenus. Elle n’est intéressante que dans deux cas : une tranche marginale basse, ou des titres acquis avant 2018 qui ouvrent droit à un abattement.
Source : article 200 A du CGI, 2.
Prix de vente net des frais, moins prix d’achat. Les frais et taxes payés par le vendeur se déduisent du prix de vente. Pour des titres reçus par donation ou succession, le prix d’achat est la valeur retenue dans l’acte.
| Étape | Montant |
| Prix de vente | 15 000 € |
| Moins les frais de cession | 300 €, soit 14 700 € nets |
| Prix d’achat | 10 000 € |
| Plus-value imposable | 4 700 € |
Source : article 150-0 D du CGI, 1.
Résultat propre à une situation, non transposable.
Une moins-value, c’est-à-dire une perte sur titres, s’impute sur le montant brut des plus-values de même nature de la même année, avant tout abattement ; ce qui reste se reporte sur les dix années suivantes.
Source : article 150-0 D du CGI, 11.
Seulement pour des titres acquis avant le 1er janvier 2018, et seulement avec l’option pour le barème. Les titres achetés depuis n’ont plus d’abattement pour durée de détention.
| Durée de détention | Abattement de droit commun | Abattement renforcé (PME de moins de 10 ans à l’achat) |
| de 1 à 2 ans | aucun | 50 % |
| de 2 à 4 ans | 50 % | 50 % |
| de 4 à 8 ans | 50 % | 65 % |
| 8 ans et plus | 65 % | 85 % |
Source : article 150-0 D du CGI, 1 ter et 1 quater.
L’abattement réduit l’assiette de l’impôt sur le revenu, jamais celle des prélèvements sociaux : 18,6 % restent dus sur toute la plus-value.
Le PEA échappe à l’impôt sur le revenu après cinq ans. Le plan d’épargne en actions a ses propres règles. Les plus-values réalisées dans un PEA ne sont pas soumises à l’impôt sur le revenu ; un retrait avant la cinquième année rend imposable le gain réalisé depuis l’ouverture du plan. Le compte-titres ordinaire, lui, suit les règles ci-dessus.
Sources : article 157 du CGI, 5° bis ; article 150-0 A du CGI, II, 2.
Oui, et elle peut neutraliser l’abattement de 85 %. L’année d’une vente, deux contributions s’ajoutent à l’impôt sur le revenu dès que le revenu dépasse 250 000 € (500 000 € pour un couple). Le revenu fiscal de référence sert pour la première, un revenu de référence voisin pour la seconde :
Sources : article 223 sexies du CGI ; article 224 du CGI.
Le piège est là : le revenu qui sert de base à la contribution différentielle intègre la plus-value avant l’abattement de 85 %. L’abattement réduit donc l’impôt sur le revenu sans réduire la base de la contribution, qui peut reprendre tout ou partie de cette réduction. Tout se joue sur le traitement de la plus-value en revenu exceptionnel : quand elle dépasse la moyenne de vos revenus des trois années précédentes, la loi ne la retient que pour le quart de son montant dans ce calcul. C’est le lissage des revenus exceptionnels.
Source : article 224 du CGI, II et IV.
Sur un dossier réel que j’ai calculé, une plus-value de plus de 11 millions d’euros vendue en direct, sans donation, avec l’option pour le barème et l’abattement de 85 % :
| Taux d’imposition sur la plus-value | Avec lissage | Sans lissage |
| Impôt sur le revenu et contributions des hauts revenus | 12,0 % | 19,8 % |
| Total, prélèvements sociaux compris | 30,6 % | 38,4 % |
Résultat propre à une situation, non transposable.
Sans lissage, la contribution différentielle complète jusqu’au plancher : l’abattement de 85 % ne sert presque plus à rien. Avec lissage, il garde l’essentiel de son effet.
Ce que je conseille donc : vérifier d’abord si le lissage s’applique. C’est le cas type du cédant dont la plus-value est sans commune mesure avec ses revenus habituels. Il risque de ne pas jouer chez un contribuable déjà à hauts revenus les années précédentes, ou qui a réalisé d’autres cessions récemment. Si le lissage ne s’applique pas, l’optimisation passe ailleurs, d’abord par la donation avant cession.
La holding ne supprime pas l’impôt, elle le diffère. Elle laisse plus d’argent à investir tout de suite, à condition qu’il reste dans la holding pour réinvestir ou transmettre. Distribué en une fois, il retombe au niveau de la vente en direct.
J’ai modélisé cinq chemins sur un même exemple : une plus-value de 5 000 000 €, un prix de revient négligeable, un couple marié avec 150 000 € d’autres revenus, les barèmes de 2026. Le lissage n’est retenu que dans la dernière colonne.
| Vente en direct | En direct, départ à la retraite | Apport puis cession dans les 3 ans | Holding qui détenait déjà les titres | En direct, abattement de 85 % (titres d’avant 2018) | |
| Régime de la plus-value | prélèvement forfaitaire et contributions des hauts revenus | idem, après l’abattement fixe de 500 000 € | report d’imposition de la plus-value d’apport | quote-part de 12 % taxée à l’impôt sur les sociétés, soit 3 % | barème après l’abattement de 85 % |
| Impôt payé à la cession | 1 928 792 € | 1 828 792 € | 0 € | 150 000 € | 1 553 096 € |
| Taux effectif immédiat | 38,6 % | 36,6 % | 0 % | 3,0 % | 31,1 % |
| Capital disponible après la cession | 3 071 208 € | 3 171 208 € | 5 000 000 € | 4 850 000 € | 3 446 904 € |
| Où se trouve le capital | patrimoine personnel | patrimoine personnel | holding | holding | patrimoine personnel |
| Contraintes | aucune | cesser toute fonction et liquider la retraite dans les 2 ans ; aucun droit chez l’acquéreur pendant 3 ans | réinvestir 70 % (3 500 000 €) en 3 ans dans des activités éligibles, et conserver 5 ans | titres de participation détenus depuis au moins 2 ans | titres de PME souscrits avant 2018, détenus 8 ans ; sans lissage, la contribution différentielle neutralise cette réduction |
| Impôt latent | aucun | aucun | environ 1 750 000 € en report (pour un apport en 2026 : 12,8 % d’impôt sur le revenu, 18,6 % de prélèvements sociaux et environ 3,6 % de contribution exceptionnelle, aux taux de l’année de l’apport ; la contribution différentielle ne s’applique pas à une plus-value dont le report expire) | fiscalité des dividendes à la sortie | aucun |
| Net personnel, distribution en une fois | 3 071 208 € | 3 171 208 € | 3 071 208 € et impôt en report dû | 2 979 108 € | 3 446 904 € |
| Net personnel, distribution étalée | sans objet | sans objet | 3 430 000 € et impôt en report dû | 3 327 100 € | sans objet |
Exemple illustratif, sans donnée client, barèmes 2026. Résultat propre à une situation, non transposable : le lissage des revenus exceptionnels, une donation avant cession ou la résidence fiscale peuvent modifier sensiblement les résultats.
Ce qu’il faut retenir : ce qui est définitivement acquis vient de l’abattement de départ à la retraite, qui pèse bien moins que ses 500 000 €, et de l’abattement de 85 % quand le lissage s’applique.
L’outil ci-dessous vous dit en une minute quels chemins regarder dans votre situation.
Vendre en direct ou par votre holding : quels chemins regarder ?
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Les chemins à regarder
Répondez aux questions : le résultat s'affiche au fur et à mesure.
Ce résultat reprend les règles en vigueur au 13 octobre 2026, expliquées dans cette page, et signale un projet de loi en discussion. Il ne calcule aucun impôt et ne tient pas compte de votre situation personnelle : il ne vaut pas conseil.
Le chemin se choisit avant la signature : après, il est souvent trop tard.
Prendre rendez-vous (30 min)Tout dépend de la façon dont les titres y sont entrés. Deux cas n’ont rien à voir :
Sources : article 219 du CGI, I, a quinquies ; article 39 duodecies du CGI, pour les deux ans ; article 150-0 B ter du CGI.
Dans les deux cas, chaque euro qui sort de la holding vers vous paie le prélèvement forfaitaire de 31,4 % s’il sort en dividendes : c’est l’impôt sur les dividendes. Dans un apport-cession, la plus-value d’apport reste en report, en plus. Le reste capitalise dans la holding, avec la fiscalité d’une société à l’impôt sur les sociétés. Les façons de se payer avec une holding après la vente sont détaillées dans une page à part.
Par un petit dividende, une assurance-vie et un crédit nanti. Jamais par la holding elle-même. Je procède dans cet ordre :
Je ne loge jamais la résidence principale dans la holding : c’est un abus de biens sociaux ou un acte anormal de gestion, et vous perdez l’exonération de plus-value de la résidence principale et l’abattement sur l’impôt sur la fortune immobilière.
Oui, tant qu’aucun engagement ferme de vente n’est signé. La donation avant cession est l’optimisation la plus puissante qui reste à un cédant : vos enfants reçoivent les titres, puis les vendent eux-mêmes, au prix de la donation, donc sans plus-value. Sur la part donnée, la plus-value disparaît ; restent les droits de donation.
Source : article 150-0 D du CGI, 1 (titres reçus à titre gratuit : la valeur retenue pour les droits de mutation).
Sur le dossier calculé plus haut, les titres donnés supportent environ 23,6 % de droits de donation, contre 30,6 % d’imposition de la plus-value avec lissage, et 38,4 % sans. La donation rapporte davantage quand le lissage ne joue pas : c’est chez les contribuables à hauts revenus récurrents qu’elle devient indispensable.
Résultat propre à une situation, non transposable.
Mes conditions, quand un client a déjà reçu une lettre d’intention :
Pour le quasi-usufruit, la loi a changé : la dette de restitution sur une somme d’argent dont le défunt s’était réservé l’usufruit n’est plus déductible de la succession, sauf exceptions. Elle reste déductible quand elle porte sur le prix de vente d’un bien dont le parent s’était réservé l’usufruit, comme après une donation de nue-propriété suivie de la vente, à condition de justifier qu’elle n’a pas été contractée dans un but principalement fiscal.
Source : article 774 bis du CGI.
Ce n’est pas une optimisation, c’est une transmission irrévocable : mon client ne la fait que s’il voulait de toute façon donner cet argent. Et pas de pacte Dutreil ici, puisque les enfants revendent aussitôt.

L’avis de Malek
Une lettre d’intention laisse encore la porte ouverte, pas une promesse. On donne avant tout engagement ferme, au prix de la lettre, et l’argent ne revient jamais au donateur : à ces trois conditions, la donation avant cession est l’optimisation la plus puissante qui reste à un cédant.
Malek Ziane, fondateur et gérant de Noun Partners
Ceci ne constitue pas une consultation juridique et nous vous invitons à vous rapprocher de votre avocat / notaire.
En datant votre sortie et en séparant votre rémunération du prix. Un dirigeant de PME qui vend au moment de son départ à la retraite peut réduire sa plus-value d’un abattement fixe de 500 000 €, quel que soit son régime d’imposition, à des conditions strictes :
Source : article 150-0 D ter du CGI, I, II et IV.
L’abattement n’est pas cumulable avec l’abattement de 85 %.
Source : article 150-0 D du CGI, 1 (l’abattement pour durée de détention ne s’applique pas au reliquat après l’abattement fixe).
Il faut comparer les deux sur le dossier, lissage compris, avant d’organiser la transition autour de lui.
Rester est possible, à une condition : une date de fin écrite. Je fais dresser un calendrier à trois dates (cession, fin des fonctions, liquidation de la retraite), avec une marge de plusieurs mois avant l’échéance des deux ans. La sortie s’écrit dans le protocole de cession, avec une durée fixe ; je refuse les formules ouvertes du type « jusqu’à la bonne intégration de l’équipe ».
Le vrai piège est ailleurs : si une partie du prix, typiquement un complément de prix, dépend de votre présence dans l’entreprise, l’administration peut la requalifier en salaire. Je fais rémunérer la transition par un salaire de marché, distinct, et indexer le complément de prix uniquement sur la performance de la société.
Le chiffrer d’abord : l’abattement de 500 000 € ne vaut pas 500 000 €. Il réduit l’assiette de l’impôt sur le revenu, pas celle des prélèvements sociaux. Au prélèvement forfaitaire, l’abattement réduit une assiette imposée à 12,8 % ; si la contribution différentielle s’applique, il réduit aussi sa base, et renoncer à l’abattement coûte alors davantage.
Réinvestir au capital de l’acquéreur, même modestement, directement ou par votre holding, c’est renoncer à l’abattement. Je propose d’abord les alternatives : un complément de prix indexé sur la performance de la société, un crédit-vendeur ou un paiement différé. Si l’acheteur maintient sa demande, la renonciation se négocie dans le prix. Et je reviens au projet de mon client : il vend pour sortir du risque, pas pour rester minoritaire dans une société qu’il ne dirigera plus.
L’année suivant la vente, avec votre déclaration de revenus. La plus-value mobilière se déclare sur le formulaire des plus-values de cession de valeurs mobilières, qui reporte le montant sur la déclaration de revenus ; l’option pour le barème se coche au même moment, et elle vaut pour l’année entière.
Gardez les pièces qui fondent le calcul : prix d’achat, actes de donation ou de succession pour des titres reçus, protocole et frais de cession, et l’état de vos moins-values reportables.
L’accompagnement d’une cession, de la préparation à la vente, est décrit dans ma page Céder votre entreprise.
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La flat tax prélève 31,4 % sur la plus-value, prélèvements sociaux compris. Sur option, le barème progressif se substitue à la part d’impôt sur le revenu, avec un abattement pour durée de détention si les titres ont été acquis avant 2018. L’option vaut pour tous vos revenus de capitaux de l’année.
Pour des titres acquis avant 2018 et avec l’option pour le barème : 50 % après 2 ans et 65 % après 8 ans ; pour des titres de PME de moins de 10 ans à l’achat, 50 %, 65 % puis 85 % après 8 ans. Au départ à la retraite, un abattement fixe de 500 000 € existe, non cumulable avec les précédents.
Oui, quel que soit son montant : la plus-value d’un compte-titres se déclare l’année suivante, avec vos revenus.
Oui : une moins-value s’impute sur les plus-values de même nature de la même année, et ce qui reste se reporte sur les dix années suivantes. L’imputation se fait avant tout abattement.
Oui, si la lettre n’engage pas : la donation doit être signée devant notaire avant tout protocole, promesse ou offre ferme acceptée, à la valeur du prix, et l’argent ne doit jamais revenir au parent.
Informations à jour au 13 octobre 2026, textes et taux en vigueur à cette date (prélèvements sociaux de 18,6 % depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026). Elles ne constituent pas un conseil personnalisé : chaque cession se modélise sur votre situation patrimoniale, avec votre avocat et votre notaire pour les actes.
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