PER chef d'entreprise : quel PER pour un dirigeant en 2026 ?
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Le bon PER pour un chef d'entreprise dépend de deux choses : votre statut social (travailleur non salarié ou assimilé salarié) et la présence d'au moins un salarié dans votre société. Le statut fixe le plafond de déduction. Le salarié ouvre le PER collectif, où la société abonde vos versements.
Ce guide s'adresse aux dirigeants de SAS, SASU, SARL ou EURL dont la tranche marginale d'imposition (TMI) dépasse 30 %. Trop souvent, le PER reste un réflexe de fin d'année, décidé sans lien avec la façon dont le dirigeant se rémunère.
Le plan d'épargne retraite (PER) existe en trois versions. Le PER individuel s'ouvre à titre personnel, le PER d'entreprise collectif (PERECO, aussi appelé PERCOL) est ouvert à tous les salariés. Le PER d'entreprise obligatoire (PERO, l'ancien « article 83 ») couvre une catégorie de salariés. Votre statut décide de ce à quoi vous avez droit, et surtout de votre plafond.
| Votre situation | PER individuel | PER collectif (PERECO) | PER obligatoire (PERO) |
| TNS : gérant majoritaire de SARL, gérant d'EURL, entrepreneur individuel | Oui, plafond TNS | Oui, si la société a de 1 à 249 salariés | Non |
| Assimilé salarié : président de SAS ou SASU, gérant minoritaire | Oui, plafond de droit commun | Oui, si la société a de 1 à 249 salariés | Oui, si vous entrez dans la catégorie couverte |
| Société sans aucun salarié | Oui | Non | Non |
Un travailleur non salarié (TNS) déduit ses versements de son bénéfice professionnel, selon l'article 154 bis du CGI. C'est l'héritier du contrat Madelin, ce qu'on appelle le PER TNS. Le gérant majoritaire de SARL y a droit aussi : l'article 62 du CGI applique la même déduction à sa rémunération.
Le plafond se calcule sur le bénéfice de l'année du versement :
Avec un PASS de 48 060 € en 2026, ce plafond va de 4 806 € à 88 911 €. Il se réduit, dans l'année, de l'abondement exonéré que la société vous verse sur un PER.

Le président de SAS ou de SASU relève du plafond de droit commun, celui de l'article 163 quatervicies du CGI. Il se calcule sur les revenus et le PASS de l'année précédente, d'où des montants différents de ceux du TNS. Pour les versements de 2026, c'est le plus élevé de ces deux montants :
Les cotisations à un PERO et l'abondement exonéré reçus en 2025 viennent en déduction. Les plafonds non utilisés des cinq années précédentes restent mobilisables, et un couple marié ou pacsé peut additionner les siens.
Les dividendes ne comptent pas comme un revenu professionnel. Un président de SAS payé uniquement en dividendes n'a donc droit qu'au plancher. Enfin, à partir de 70 ans, les versements ne sont plus déductibles.
Hypothèses : versements en 2026, aucun plafond reporté, aucun PERO ni abondement.
| Profil | Base retenue | Plafond PER 2026 |
| Gérant majoritaire de SARL, 120 000 € de rémunération en 2026 | 10 % de 120 000 € + 15 % de 71 940 € | 22 791 € |
| Président de SAS, 81 000 € de revenus professionnels nets en 2025 | 10 % de 81 000 € | 8 100 € |
| Président de SAS payé uniquement en dividendes | Plancher | 4 710 € |
Prenons le gérant, célibataire, dans la tranche à 41 %. Un versement de 10 000 € lui fait économiser 4 100 € d'impôt cette année, si toute la déduction reste dans cette tranche.
La déduction reporte l'impôt à la sortie. En capital, la part correspondant aux versements déduits s'ajoute à vos revenus de l'année et passe au barème, sans abattement. L'opération est d'autant plus intéressante que votre taux d'imposition à la retraite sera bas.
À l'inverse, si votre TMI est faible, vous pouvez renoncer à la déduction au moment de chaque versement (article L224-20 du Code monétaire et financier). Seuls les gains seront alors imposés à la sortie.

Sans salarié, la question ne se pose pas : seul le PER individuel vous est ouvert. Avec au moins un salarié, le PER collectif ajoute ce que le PER individuel n'a pas, l'argent de la société.
| Critère | PER individuel | PER collectif (PERECO) |
| Qui verse | Vous seul | Vous, et la société par l'abondement, l'intéressement ou la participation |
| Déduction de vos versements | Dans votre plafond TNS ou de droit commun | Dans le même plafond |
| Ce que verse la société | Rien | Abondement exonéré d'impôt sur le revenu, déductible pour la société |
| Ouverture | À tous, sans condition | Société de 1 à 249 salariés pour le dirigeant non salarié, plan ouvert à toute l'équipe |
| Choix du contrat | Libre, vous comparez les frais | Celui négocié par l'entreprise |
| Si vous cédez ou quittez la société | Le plan vous suit | Vous gardez l'épargne, sans nouveaux versements de la société |
Le PER collectif reçoit vos versements volontaires, l'intéressement, la participation et l'abondement. L'abondement est le complément que la société verse en plus du vôtre. Il obéit à trois règles :
Le plan est ouvert à tous les salariés. Un abondement que vous vous accordez, vous l'accordez aussi à votre équipe, selon les mêmes règles. C'est un coût, et aussi un outil pour fidéliser l'équipe.
Le PERO couvre une catégorie objective de salariés, par exemple tous les cadres. Le président de SAS rémunéré peut en bénéficier s'il entre dans cette catégorie ; le dirigeant TNS en est exclu. Les cotisations, versements de la société compris, sont déductibles de votre rémunération dans la limite de 8 % de celle-ci, retenue jusqu'à huit fois le PASS (article 83 du CGI).
Mais l'épargne issue des versements obligatoires ne sort qu'en rente.
Oui, les trois se cumulent, mais leurs plafonds ne s'additionnent pas librement. Pour un président de SAS, le PERO et l'abondement exonéré d'une année réduisent le plafond du PER individuel de l'année suivante. Pour un gérant TNS, l'abondement réduit le plafond de l'année même.
Je ne mets pas tout dans le PER. Il sert à hauteur du plafond disponible. Le reste de l'épargne retraite va sur l'assurance-vie, le PEA et l'immobilier, qui restent disponibles avant la retraite.
Quand je l'utilise, c'est l'année où votre revenu est le plus élevé, avec les plafonds non utilisés des cinq années précédentes, mutualisés avec ceux de votre conjoint. Une année de forte rémunération ou de prime exceptionnelle permet ainsi de déduire en une fois ce que vous n'aviez pas versé.
Oui, sans contrat de travail, si la société emploie au moins un salarié et moins de 250. L'article L3332-2 du Code du travail, que l'article L224-13 du Code monétaire et financier étend au PER collectif, ouvre alors le plan aux chefs d'entreprise, présidents, directeurs généraux, gérants et membres du directoire. Le conjoint collaborateur ou associé y a droit aussi.

Trois situations ferment cette porte :
Côté déblocage, le PER prévoit un cas propre au dirigeant TNS : la cessation d'activité non salariée après une liquidation judiciaire (article L224-4 du Code monétaire et financier). S'y ajoutent les cas communs, dont l'achat de la résidence principale, sauf pour les versements obligatoires d'un PERO.
Holding présidente : une seule rémunération pour diriger
Si votre holding perçoit une rémunération pour diriger la société, vous ne pouvez pas en percevoir une autre, à titre personnel, pour les mêmes fonctions. Le mandat que vous gardez pour l'épargne salariale reste donc non rémunéré.
Votre société peut financer votre retraite de quatre façons. Le salaire est le vecteur le plus chargé. Le bon arbitrage se décide sur une même enveloppe, celle que la société peut payer.
| Vecteur | Ce qu'il coûte | Ce qu'il construit pour la retraite | Disponibilité |
| Salaire | Cotisations patronales et salariales, puis impôt sur le revenu | Des droits à la retraite obligatoire, et la base de votre plafond PER | Immédiate |
| Dividendes | Impôt sur les sociétés, puis 31,4 % de prélèvement forfaitaire | Aucun droit, et un plafond PER réduit au plancher pour un président de SAS | Immédiate |
| Abondement au PER collectif | Déductible pour la société, exonéré d'impôt sur le revenu pour vous | Un capital retraite | Bloqué jusqu'à la retraite |
| Trésorerie laissée en société ou en holding | Impôt sur les sociétés, puis impôt de sortie le jour où vous la récupérez | Un capital à placer, sans droits | Selon le placement |
Se payer à 100 % en dividendes est rarement une bonne idée : le calcul « 31,4 % de flat tax » oublie l'impôt sur les sociétés payé avant la distribution. On paie beaucoup sans construire aucun droit. Le 100 % salaire coûte trop cher : la solution est toujours un mix.
Le PER garde son intérêt au-dessus de 30 % de TMI. La hausse de la CSG a déplacé l'équilibre.
Les prélèvements sociaux sur les gains du PER sont passés à 18,6 %, quand l'assurance-vie garde 17,2 %. Je réexamine donc chaque arbitrage entre PER et assurance-vie au lieu de reconduire le réflexe PER.
La vente de la société ne remplace pas ce travail. Le dirigeant qui compte sur elle pour sa retraite s'expose à une chute de revenus le jour du départ et à une fiscalité lourde sur une cession non préparée. Je conseille de construire la retraite pendant l'activité, à partir de 50 ans au plus tard.
Un couple de dirigeants d'une PME e-commerce en SAS, 25 M€ de chiffre d'affaires et 180 k€ de rémunération chacun, gardait 41 % et 38 % de ce que payait la société.
Dans ce dossier, la retraite par capitalisation avec un PER s'ajoutait à une holding, à une nouvelle répartition entre salaire, dividendes et épargne salariale, et à un appel d'offres sur la prévoyance. À coût identique pour la société, le couple a gagné 79 000 € de plus par an (étude de cas d'un couple de dirigeants e-commerce). Résultat propre à une situation, non transposable.
La prévoyance passe avant le rendement
Je traite la prévoyance au début d'une stratégie, avant de chercher du rendement. Payées par la société, ses cotisations sont déductibles de son résultat.
Les frais se prélèvent chaque année et se composent sur vingt ans. Je fixe la limite autour de 1 % de frais annuels : au-dessus, je renégocie ou je change de contrat.

Les points à comparer :
Vous êtes gérant majoritaire TNS : votre plafond PER est le plus large. Je l'utilise les années où votre rémunération est la plus élevée.
Vous êtes président de SAS avec au moins un salarié : j'ajoute presque systématiquement l'épargne salariale et un PER abondé par la société à votre répartition entre salaire et dividendes. C'est le levier le plus souvent oublié.
Vous êtes seul dans votre SASU, payé en dividendes : un PER ne compensera pas l'absence de droits. La priorité est un salaire qui ouvre vos droits ; le PER vient ensuite, dans le plafond que ce salaire crée.
Le gérant majoritaire de SARL relève du plafond TNS de l'article 154 bis du CGI : 10 % de sa rémunération, plus 15 % de la part comprise entre une et huit fois le PASS. En 2026, ce plafond va de 4 806 € à 88 911 €.
Le PER individuel, avec la déduction de l'article 154 bis du CGI, qui remplace l'ancien contrat Madelin. Si votre entreprise compte au moins un salarié, vous pouvez y ajouter le PER collectif. Le PER obligatoire vous reste fermé.
Oui. Il ouvre un PER individuel et déduit ses versements dans la limite de 10 % de ses revenus professionnels de l'année précédente, entre 4 710 € et 37 680 € pour 2026. Le PER collectif ne lui est ouvert que si la SASU emploie au moins un salarié.
Oui. Les deux se cumulent, mais l'abondement exonéré et les cotisations au PER obligatoire réduisent le plafond de déduction du PER individuel.
Oui, tant que vous avez moins de 70 ans : passé cet âge, les versements ne sont plus déductibles. À 60 ans, les plafonds non utilisés des cinq années précédentes permettent aussi de rattraper des versements.
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