Banque privée, CGP ou family office : comment choisir pour sa cession
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Vous avez signé, le prix est sur un compte, et en quelques semaines trois ou quatre établissements vous ont présenté une allocation. Chacune a l'air sérieuse, aucune ne se compare aux autres : montants différents, risques différents, frais présentés à des endroits différents. La question utile : de quoi avez-vous besoin, et comment remettre ces propositions sur une même base ?
Les trois ne font pas le même métier. La banque privée conserve vos avoirs, les gère, vous conseille et vous prête ; le conseiller en gestion de patrimoine vous conseille et met en place les solutions ; le family office coordonne l'ensemble pour vous.
Le tableau les compare sur quatre points : leur métier, leur rémunération, ce qu'ils font bien et le point de vigilance.
| Banque privée | Conseiller en gestion de patrimoine (CGP) | Family office | |
| Son métier | conserver et gérer vos avoirs, vous conseiller, vous prêter | vous conseiller et mettre en place les solutions retenues | coordonner vos banques, vos conseils et vos décisions |
| Comment il est payé | frais de gestion ou de conseil, frais des fonds, frais de garde ; ses fonds maison portent sa marge | des honoraires, des commissions sur les produits, ou les deux | des honoraires, un pourcentage du patrimoine suivi ou des frais fixes |
| Ce qu'il fait bien | le crédit, notamment le crédit lombard, la garde des titres | la mise en concurrence des établissements | le tableau de bord, le contrôle des frais et des risques, la gouvernance familiale |
| Son point de vigilance | une offre concentrée sur ses propres produits bancaires et financiers | son mode de rémunération, à demander par écrit | le mot n'est pas réglementé : vérifiez qui se cache derrière |
Source : Code monétaire et financier, art. L. 541-8-1.
Un conseil qui remplit deux conditions. Selon l'article L. 541-8-1 du Code monétaire et financier, un conseiller en investissements financiers ne peut dire son conseil « indépendant » que s'il évalue un éventail suffisant d'instruments financiers et restitue intégralement à son client toute rémunération reçue d'un tiers. S'il garde des commissions, son conseil n'est pas indépendant au sens de la loi.
Source : Code monétaire et financier, art. L. 541-8-1, 7°, a) et b), version en vigueur depuis le 3 janvier 2018.
Honoraires fixés à l'avance, après un premier diagnostic offert. Si les gains possibles ne justifient pas nos honoraires, nous vous le disons avant toute mission.
Notre cabinet n'appartient à aucun groupe bancaire ni à aucune compagnie d'assurance. Nous sommes rémunérés par vos honoraires et, sur certaines solutions que nous mettons en place pour vous, par des commissions versées par les établissements partenaires. Le montant en est indiqué avant toute souscription, et vous pouvez en obtenir le détail à tout moment.
Cela dépend de ce que vous avez à coordonner. Le tableau reprend les cas que je distingue dans mes dossiers.
| Votre situation | Ce qui se justifie |
| Un patrimoine surtout liquide, en deux ou trois enveloppes, dans un seul pays, sous 20 M€ | l'expertise pluridisciplinaire d'un conseiller, d'un avocat fiscaliste, d'un notaire et d'une ou deux banques bien choisies, sans family office |
| Un projet immobilier à financer | votre banque privée, pour le crédit, avec une partie des fonds chez elle, frais et allocation négociés |
| Plusieurs banques, du capital-investissement, de l'immobilier en direct, des actifs ou des enfants à l'étranger, une transmission sur plusieurs générations | la fonction d'un family office : multi-family office à partir de 20 à 30 M€, family office dédié au-delà de 100 à 150 M€ |
| Le prix de vente est dans une holding, avec une obligation de réinvestir | une offre construite sur cette structure ; une assurance-vie individuelle ou un portefeuille 100 % financier n'y répond pas |
Rarement tout de suite. « Family office » recouvre trois choses très différentes, et la plupart des cédants ont besoin de la fonction, pas de la structure. Les montants de ce tableau sont mes repères de pratique.
| Ce que c'est | Quand il se justifie | Comment il est facturé | |
| Family office dédié | une équipe salariée au service d'une seule famille | au-delà de 100 à 150 M€ de patrimoine | 1 à 2 M€ par an de frais fixes |
| Multi-family office | une structure partagée entre plusieurs familles | à partir de 20 à 30 M€ | des honoraires ou un pourcentage |
| Étiquette commerciale | une banque privée ou un cabinet qui s'appelle family office parce que le mot rassure | le terme n'est pas réglementé : à vérifier | à demander : honoraires seuls, ou rétrocessions |
Je réponds non quand le patrimoine est essentiellement liquide, logé dans deux ou trois enveloppes, dans un seul pays, sans projet de réinvestissement complexe. Même réponse pour le client qui veut garder la main, souvent parce qu'il va reprendre ou financer d'autres entreprises. Et sous 20 M€, la complexité réelle se traite avec un conseiller, un avocat fiscaliste, un notaire et une ou deux banques bien choisies.
Je réponds oui quand le besoin n'est plus de placer mais de coordonner : plusieurs banques à mettre en concurrence, du capital-investissement, de l'immobilier en direct, une holding qui doit tenir une obligation de réinvestissement, des actifs ou des enfants à l'étranger. Ou quand la transmission concerne plusieurs générations et demande une gouvernance : charte familiale, comité, règles de distribution entre branches.
Oui, pour certains sujets, et pas pour tout. Je ne conseille pas de rompre avec la banque privée : je conseille de la garder pour le crédit, par exemple si des projets immobiliers arrivent, et de lui laisser une partie des fonds, en négociant ses frais et son allocation.
La part à lui laisser ne se fixe pas en pourcentage du patrimoine : je la calcule à l'envers, à partir du crédit envisagé. Une banque privée prête parce que la relation globale est rentable pour elle, pas parce qu'elle gère beaucoup.
Quel que soit le crédit, je ne laisse pas plus d'un tiers des avoirs financiers dans un même établissement, et je vise plutôt 10 à 30 %.
Sur une même base, en quatre opérations et dans cet ordre. L'erreur classique est de comparer les frais avant d'avoir égalisé le risque.
Le qualitatif vient ensuite : l'interlocuteur, le reporting, la capacité de crédit lombard, la solidité de l'établissement. Ces critères départagent des offres comparables ; ils ne compensent jamais un écart de coût de 0,8 % par an.
Jamais au même endroit. Le coût se lit couche par couche, et le total change d'un mode à l'autre pour un même risque.
Source : Code monétaire et financier, art. L. 533-12-3, version en vigueur depuis le 3 janvier 2018 (gestion sous mandat).
Ce que ça donne sur un dossier type de 3 M€ à risque égal.
| Mode de gestion | Ce qui compose le coût | Coût annuel | En euros par an |
| Mandat en compte-titres | 1 % de mandat, 0,9 % de frais des fonds, 0,15 % de garde | environ 2,05 % | 61 500 € |
| Gestion pilotée en assurance-vie luxembourgeoise | contrat, pilotage et fonds à rétrocession | 2,3 % | 69 000 € |
| Gestion conseillée en ETF | 0,8 % de conseil, 0,2 % de frais des fonds, 0,2 % de transactions | 1,2 % | 36 000 € |
Résultat propre à une situation, non transposable.
Huit critères, le coût total en premier. La grille ci-dessous les compare dans cet ordre.
| Critère | Ce qu'il faut vérifier |
| 1. Coût total sur 5 ans (en €) | Frais de la banque + TER des fonds + enveloppe + garde + transactions + entrée lissée (3 % sur 5 ans = 0,6 %/an), TTC, pour le même montant placé |
| 2. Allocation et risque réel | 30 % d'actions contre 60 %, ce n'est pas le même produit. À risque différent, comparer les frais ou le rendement n'a aucun sens. |
| 3. Mode de gestion et service réellement inclus | Conseillée, sous mandat ou libre : qui décide ? Quelle fréquence de points, quel reporting, avez-vous un interlocuteur dédié ? |
| 4. Rémunération de la banque | Quelle part en fonds maison ? Y a-t-il des rétrocessions, et vous sont-elles reversées ? |
| 5. Détenteur : personne physique ou holding | C'est ce qui décide des enveloppes possibles et de la fiscalité, surtout en cas d'obligation de réinvestissement (apport-cession). |
| 6. Enveloppe, juridiction et protection | Compte-titres, assurance-vie ou contrat de capitalisation, en France ou au Luxembourg ? Quelle protection si l'établissement fait défaut ? |
| 7. Fiscalité de sortie et de transmission | Comment sont taxés les retraits, les revenus et la transmission, selon l'enveloppe et le détenteur ? |
| 8. Liquidité et crédit | En combien de temps l'argent est-il disponible, avec quelles pénalités ? → Pour un cédant, le taux du lombard et le % prêté pèsent souvent plus que les frais de gestion. |
Le coût se compare en premier ; les critères 5, 6 et 7 relèvent de l'optimisation patrimoniale : le détenteur et l'enveloppe décident de la fiscalité, et une erreur d'enveloppe coûte plus cher que n'importe quel écart de frais.
Une offre qui a répondu avant d'avoir compris. Les frais se négocient ; ce qui me fait déconseiller une offre, c'est ce qu'elle révèle sur la façon dont la banque vous a compris. Six signaux me font dire non.
Un dernier test, simple : je demande au banquier ce qu'il déconseillerait au client. S'il n'a rien à répondre, il vend.
Avant le virement, jamais après. Je fais négocier dans l'ordre de ce qui pèse le plus sur 10 ans : une fois les fonds transférés, vous n'avez plus de levier.
Résultat propre à une situation, non transposable.
Trois règles de méthode : mettre deux ou trois banques en concurrence avec le même cahier des charges, tout obtenir par écrit dans la convention ou un avenant, et prévoir une revue annuelle des conditions, parce qu'une remise accordée pour signer disparaît souvent la deuxième année.
Ne rien figer d'irréversible, hors obligations de réinvestissement. La première année après une cession, le patrimoine attend sur des supports d'attente, votre famille prend la mesure de ce qui a changé, et le besoin réel apparaît.
Beaucoup de cédants signent un family office dans les trois mois parce qu'ils ont peur de mal faire. Ils paient alors une structure pour un besoin qu'ils n'ont pas encore identifié. Le choix des placements eux-mêmes est un autre sujet, que cette page ne traite pas.
Si votre cession passe par une holding, deux sujets ont leur page : le régime de l'apport-cession et son obligation de réinvestissement, et la fiscalité de la plus-value selon que vous vendez en direct ou par une holding.

L'avis de Malek
Je ne déconseille pas une banque parce qu'elle est chère, mais parce qu'elle a répondu avant d'avoir compris. L'erreur d'enveloppe, la concentration sur un seul émetteur et la liquidité bloquée coûtent bien plus que 0,5 % de frais.
Un family office n'est pas un statut qu'on atteint à partir d'un certain montant, c'est une fonction : coordonner, contrôler, décider.
Malek Ziane, fondateur et gérant de Noun Partners, cabinet conseiller en investissements financiers (inscrit à l'ORIAS, adhérent de la CNCGP), auteur de la tribune Les cinq pièges de l'apport-cession à éviter, Gestion de Fortune, 25 septembre 2025
Ceci ne constitue pas une consultation juridique et nous vous invitons à vous rapprocher de votre avocat / notaire.
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Ce qui se prépare avant la signature, et ce qu'un conseiller fait pendant la vente : céder votre entreprise. Prendre rendez-vous (30 min)
Selon le mode de gestion : frais de mandat ou de conseil, frais courants des fonds, garde, transactions, frais du contrat en assurance-vie, et parfois des frais d'entrée. Additionnez-les en euros, à risque égal, à partir du récapitulatif des coûts remis avant la souscription.
Celui dont vous savez comment il est payé : honoraires seuls, ou rétrocessions sur ce qu'il recommande. Vérifiez aussi son statut et son assurance, s'il gère lui-même ou s'il sélectionne et contrôle des gérants, et son coût total en euros par an, rapporté à votre patrimoine.
Oui. La banque privée reste utile pour le crédit, notamment pour un projet immobilier, avec une partie des fonds chez elle, à frais et allocation négociés. Au-delà d'un tiers des avoirs dans un même établissement, cette contrepartie devient une dépendance.
Informations à jour au 12 octobre 2026. Elles ne constituent pas un conseil personnalisé : chaque situation s'examine avant toute décision.
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