Avance sur héritage ou donation hors part : ce qui change au partage
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Une avance sur héritage est une donation faite à un enfant, que la loi présume faite en avancement de part : au partage, elle est rapportée à la succession pour rétablir l’égalité entre les enfants.
Vous voulez aider l’un de vos enfants maintenant : un apport pour un appartement, des études, un coup dur. C’était la situation d’un dirigeant que j’ai accompagné, père de trois enfants : le cadet voulait acheter un appartement, et le père craignait que les deux aînés y voient une préférence.
La question qui vient tout de suite est celle des autres enfants : cet argent sera-t-il décompté plus tard, et comment ? La réponse tient dans un mot que peu de parents connaissent : le rapport. Dans cette page, je vous explique ce que dit la loi, à quelle valeur l’avance revient au partage, ce qu’elle coûte en droits, et comment j’organise l’aide à un enfant pour qu’elle ne devienne pas un conflit.
Oui : une avance sur héritage, ou donation en avancement de part successorale (on disait autrefois « avance d’hoirie »), est une donation comme une autre. Ce qui la distingue, c’est ce qui se passe à votre décès : l’enfant qui l’a reçue doit la rapporter à la succession, pour que le partage rétablisse l’égalité avec ses frères et sœurs.
Source : article 843 du Code civil.
C’est la règle quand rien n’est écrit : toute donation à un enfant est présumée faite en avancement de part. Pour qu’elle échappe au rapport, elle doit avoir été faite expressément hors part successorale. Cette mention peut figurer dans l’acte, ou être ajoutée plus tard, dans la forme d’une donation ou par testament. Et la donation hors part ne vaut que dans la limite de la quotité disponible : l’excédent est réduit.
Sources : article 919 du Code civil ; article 844 du Code civil.
Par défaut, je conseille l’avance sur part. C’est ce que prévoit la loi, et c’est ce que veulent la plupart des parents qui aident un enfant : l’aider maintenant parce qu’il en a besoin maintenant, sans le préférer aux autres. L’avance respecte cela : l’enfant est servi aujourd’hui, ses frères et sœurs le seront demain, et à la fin chacun a reçu la même chose.
Le tableau ci-dessous compare les trois façons de donner à un enfant.
| Avance sur part | Donation hors part | Donation-partage | |
| Ce que dit l’acte | rien de particulier : la loi la présume | la mention expresse « hors part successorale » | un partage entre vos enfants, signé par eux |
| Au partage | rapportée à la succession | non rapportée | pas de rapport |
| Valeur retenue | celle du bien au jour du partage, sauf clause contraire | celle du bien au décès, pour calculer la réserve | celle du jour de l’acte, si tous les enfants ont reçu un lot et l’ont accepté |
| Limite | aucune, puisqu’elle se décompte de la part de l’enfant | la quotité disponible | la réserve de chaque enfant |
La donation hors part n’est donc pas hors de tout calcul : elle est réunie fictivement aux biens du défunt pour calculer la réserve et la quotité disponible. La donation-partage, elle, fige les valeurs au jour de l’acte, à condition que tous les enfants réservataires aient reçu un lot et l’aient accepté.
Sources : article 922 du Code civil ; article 1078 du Code civil.
L’outil ci-dessous vous dit en une minute ce que devient un don que vous avez fait, ou que vous préparez.
Votre don à un enfant : avance ou hors part ?
Six questions, une minute. Vous obtenez le régime de votre don et les points à vérifier. Rien n'est calculé.
Ce que devient votre don
Répondez aux questions : le résultat s'affiche au fur et à mesure.
Ce résultat reprend les règles de la loi en vigueur au 5 octobre 2026, expliquées dans cette page. Il ne calcule ni droits ni partage et ne tient pas compte de votre situation personnelle : il ne vaut pas conseil.
Faites fixer la forme et la valeur du don avant qu'il ne pose question.
Prendre rendez-vous (30 min)Un bien revient à sa valeur au jour du partage, pas à celle du jour du don ; une somme d’argent, à son montant, sauf si elle a servi à acheter un bien. Le rapport se fait « en moins prenant » : l’enfant reçoit moins dans le partage, à hauteur de ce qu’il a déjà reçu. Toute la question est de savoir combien.
Sources : article 860 du Code civil ; article 860-1 du Code civil.
C’est le cas où la règle par défaut fait des dégâts. Le schéma ci-dessous suit un exemple.
Vous donnez 100 000 € à votre fille, qui finance ainsi 40 % d’un appartement de 250 000 €. Au partage, l’appartement vaut 500 000 € : elle rapporte 40 % de 500 000 €, soit 200 000 €. Les travaux qu’elle a payés elle-même sont exclus ; la hausse du marché est incluse. Si votre fils a reçu 100 000 € et les a dépensés, il rapporte 100 000 €. L’enfant qui a bien investi rapporte deux fois plus que celui qui a dépensé.
Trois réponses existent :
Source : article 1078-1 du Code civil, pour la donation-partage qui reprend des donations déjà faites.
Ce que je refuse : un acte muet sur la valeur, qui laisse au notaire de la succession le soin d’annoncer le chiffre, et un acte qui promet la valeur nominale sans avoir vérifié la quotité disponible.
Aucune : la distinction est purement civile. Les droits restent les mêmes, seul change ce que chaque enfant reçoit à la fin. Dans les deux cas :
Sources : article 779 du CGI ; article 790 G du CGI ; article 784 du CGI.
À deux parents, un enfant peut donc recevoir 263 730 € sans droits, tous les 15 ans. Au-delà, le barème en ligne directe s’applique, de 5 % à 45 %.
Source : article 777 du CGI.
Ces abattements sont l’une des différentes manières de transmettre votre patrimoine de votre vivant.
Utilisés tôt et régulièrement, ils servent à optimiser les transmissions patrimoniales.
Le don et le prêt se complètent : après avoir sécurisé ce que l’argent va devenir, je donne ce qui entre dans les abattements, et je prête le reste.
Avant l’outil, deux questions :
Source : article 1405 du Code civil, pour le bien reçu par donation.
Le don pour l’apport ne coûte pas de droits tant qu’il reste dans les abattements ci-dessus.
Pour un logement neuf, un dispositif temporaire exonère aussi les dons d’argent, jusqu’à 100 000 € par donateur et 300 000 € par enfant, si l’argent est affecté à l’achat dans les six mois et si le logement reste sa résidence principale, ou est loué comme telle, pendant cinq ans. En l’état du texte, ce dispositif vise les sommes versées jusqu’au 31 décembre 2026.
Source : article 790 A bis du CGI.
Je fais acter le don en avancement de part, avec un rapport à la valeur nominale, et souvent une clause de retour en cas de décès de l’enfant sans descendance.
Source : article 951 du Code civil, pour la clause de retour.
Pour le complément, je conseille un prêt familial écrit, avec un échéancier, même symbolique. Il ne coûte pas de droits, préserve l’égalité entre vos enfants (la créance revient à la succession), et vous protège si vous avez besoin de cet argent plus tard.
Les autres voies : la caution parentale, qui débloque le crédit sans sortir d’argent. Ou l’achat en indivision avec vos enfants : vous leur donnerez votre part plus tard.
Ce que je déconseille : le virement « pour aider », non déclaré, que l’on retrouve des années plus tard sous forme de redressement ou de dispute.

L'avis de Malek
La peur de faire des jaloux ne se règle pas en ne donnant pas. Elle se règle en donnant moins, en prêtant le reste, et en le disant à tout le monde.
Malek Ziane, fondateur et gérant de Noun Partners
En ne donnant pas en cachette, et en écrivant comment les autres seront servis. La peur la plus fréquente des parents qui aident un enfant est celle de faire des jaloux : c’était celle du père de trois enfants, dont le cadet n’avait pas tout l’apport de son appartement.
Quatre décisions ont débloqué la situation :
Le cadet a eu son appartement, les aînés ont été informés et servis, et tout est resté dans les abattements.
Votre situation ressemble à ce dossier ?
Chaque famille se chiffre sur ses propres chiffres : la consultation offerte commence par un diagnostic de votre situation. Prendre rendez-vous (30 min)
L’avance est mon outil pour répondre à un besoin ; la donation-partage avec réserve d’usufruit, pour transmettre un patrimoine. Je choisis l’avance dans quatre cas :
Dans les autres cas, un patrimoine immobilier ou des parts, plusieurs enfants prêts à être lotis, un parent décidé, la donation-partage avec réserve d’usufruit reste ma réponse. Et l’avance d’aujourd’hui pourra y être incorporée le jour où toute la famille sera prête.
Le déclarer, maintenant : un don manuel non déclaré reste en attente d’être taxé, au pire moment.
Votre enfant le déclare en ligne, depuis son espace sur impots.gouv.fr. Il dispose d’un mois à compter du moment où il le révèle à l’administration.
Sources : décret n° 2025-1082 du 17 novembre 2025 ; article 635 A du CGI.
L’abattement de 100 000 € s’applique : si le don reste dans l’abattement, il n’y a rien à payer. C’est aussi la déclaration qui date le don, et donc le point de départ des 15 ans. Le don familial de 31 865 €, lui, devait être déclaré dans le mois qui suivait le don.
Je fais établir un acte récapitulatif chez le notaire, et à ce moment le don peut encore basculer hors part : la loi permet de le déclarer hors part après coup.
Source : article 919 du Code civil.
Le vrai risque est civil : sans acte, le don est présumé fait en avancement de part, et s’il a servi à acheter un bien, c’est la valeur de ce bien qui sera rapportée. L’acte précise la date, le montant, la nature (avance ou hors part) et la valeur rapportable.
Je fais répondre à une seule question : « Si vos autres enfants reçoivent moins à la fin, est-ce ce que vous voulez ? » Si la réponse est non, le don reste en avancement de part, avec sa valeur fixée. Si c’est oui, la mention s’écrit, après avoir vérifié qu’elle tient dans la quotité disponible.
Vous avez le droit de préférer un enfant, dans la limite de la quotité disponible :
Source : article 913 du Code civil.
Ce calcul se fait sur votre patrimoine au décès, en comptant les donations déjà faites. Les outils qui tiennent :
Source : article 843 du Code civil, pour le legs.
Une lettre, conservée avec le testament, qui explique le pourquoi, n’a aucune valeur juridique. Elle a toute sa valeur humaine.
Ce qu’il ne faut pas faire pour que « ça ne se voie pas » : un don manuel non déclaré, une assurance-vie massive alimentée à un âge avancé, une vente à prix minoré, qui est une donation déguisée. C’est précisément parce qu’ils sont faits en silence que ces montages sont fragiles.
Les règles de l’avance sur héritage s’inscrivent dans une stratégie de transmission plus large, à préparer avec un notaire.
Une fois l’héritage reçu, il faut encore savoir l’investir : j’en parle dans ma page sur la gestion d’un gros héritage.
Vous voulez aider un enfant sans créer de conflit plus tard ? Je vous propose une consultation offerte pour regarder la forme, la valeur et l’équilibre entre vos enfants : Prendre rendez-vous (30 min).
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C’est le régime par défaut d’une donation faite à un enfant : elle est considérée comme une avance sur sa part d’héritage. Au partage, l’enfant la rapporte à la succession, pour rétablir l’égalité avec ses frères et sœurs : un bien à sa valeur au jour du partage, une somme d’argent à son montant, sauf si elle a servi à acheter un bien.
La loi ne fixe aucun plafond : l’avance se décompte de la part de l’enfant au partage. Le plafond est fiscal : 100 000 € sans droits par parent et par enfant, plus 31 865 € pour un don d’argent avant 80 ans, tous les 15 ans. Au-delà, le barème de 5 % à 45 % s’applique.
Oui. L’abattement de 100 000 € par parent et par enfant s’applique quel que soit votre âge. Seul le don familial d’argent de 31 865 € suppose d’avoir moins de 80 ans au jour du don. La règle du rapport reste la même.
L’avance est rapportée au partage, un bien à sa valeur au jour du partage. La donation-partage répartit vos biens entre vos enfants dans un acte qu’ils signent : pas de rapport, et des valeurs figées au jour de l’acte si chacun a reçu un lot et l’a accepté.
Informations à jour au 5 octobre 2026, abattements et textes en vigueur à cette date. Elles ne constituent pas un conseil personnalisé : chaque situation familiale se chiffre avant toute décision, avec un notaire pour les actes.
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